Virus de la diarrhée virale bovine (BVDV) : première détection du génotype 2 en Espagne

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Le bovine viral diarrhoea virus (BVDV), un pestivirus de la famille des Flaviviridae, circule dans le monde entier. Une étude* vient de détecter la présence du virus de type 2, beaucoup plus rare, en Espagne. Une découverte qui aura des conséquences sur l’épidémiologie, le diagnostic et le contrôle de l’infection dans le cheptel bovin espagnol… et au-delà.

 

Les deux génotypes du virus (BVDV-1 et BVDV-2) sont différenciés par la sérologie et la biologie moléculaire. En outre, de nombreux sous-types sont décrits (BVDV-1a à 1p et BVDV-2a à 2d). Le BVDV-2 est associé à une forme clinique sévère de la maladie chez les bovins adultes et à un syndrome hémorragique chez les veaux. Ce génotype, plus répandu en Amérique du Nord, est toutefois présent dans certains pays européens et asiatiques. Ces deux dernières années, une forme sévère de la BVD, associée au génotype 2, a généré une mortalité élevée d’abord en Allemagne, puis aux Pays-Bas.

Selon plusieurs études antérieures, le sous-type qui circule principalement dans la population bovine espagnole est le BVDV-1b. Aucune preuve de la présence du BVDV-2 n’avait été retrouvée jusqu’à maintenant.

 

Une détection concordante du BVDV par Elisa et rt-PCR

Un total de 47 échantillons sanguins ont été prélevés chez les bovins testés positifs par Elisa, issus de 18 troupeaux situés dans la moitié nord de l’Espagne (35 élevages laitiers, 12 élevages à viande). Certaines données cliniques et épidémiologiques ont en outre été rapportées par les vétérinaires : troubles de la reproduction (8 troupeaux), maladie des muqueuses (3), mortalité des veaux (2), aucun cas de maladie (4) ou non communiqué (1).

vaches-espagnolesLes 47 échantillons de sang ont été génotypés par reverse transcriptionPCR (rt-PCR). Le BVDV-1 a été identifié le plus fréquemment (46 des 47 isolats), par rapport au BVDV-2 (2 sur 47). Les deux animaux infectés par le BVDV-2 provenaient de la région des Asturies, une zone à forte densité d’élevages laitiers. Apparemment, tous deux étaient cliniquement sains au moment de l’échantillonnage. Dans un seul prélèvement sanguin, les deux génotypes du pestivirus, BVDV-1 et BVDV-2, ont été détectés. La surinfection d’un animal infecté permanent immunotolérant (IPI) avec un génotype différent pourrait expliquer cette infection mixte.

Selon les auteurs, il s’agit de la première détection du BVDV-2 en Espagne. Ce virus de type 2 a été signalé pour la première aux États-Unis en 1994, puis dans quelques pays européens, mais à un taux nettement inférieur au type 1, sauf en 1997 en Allemagne où une prévalence supérieure à 10 % a été rapportée. Récemment, en 2014, la Pologne a enregistré le premier isolement du BVDV-2 dans son cheptel.

En raison du faible nombre d’isolats analysés dans l’étude, il n’est pas possible de déterminer avec exactitude la prévalence du BVDV-2 en Espagne. Des travaux complémentaires sont nécessaires pour établir la propagation de ce pestivirus dans les troupeaux bovins espagnols et les conséquences cliniques induites. Ainsi, la connaissance de la diversité du BVDV est la première étape vers la compréhension de l’épidémiologie de l’infection et de la conception de tests de diagnostic et de vaccins efficaces.

 

Une propagation favorisée par le commerce mondial

Les mouvements d’animaux, le commerce d’embryons et de sperme constituent l’un des principaux facteurs de risque d’infection d’un cheptel par la BVD. Le virus provoque des pertes économiques importantes, principalement en raison de son impact sur la santé et la reproduction des bovins. Des programmes de contrôle fondés exclusivement sur l’abattage des animaux IPI ont été lancés dans les pays nordiques, en 2006. Dans d’autres pays européens, la vaccination est utilisée pour contrôler l’infection.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de programme de contrôle de la BVD en Espagne, et les vaccins disponibles dans le pays ne contiennent que la valence BVDV-1. Or la structure antigénique des deux génotypes diffère, et il en est de même au niveau des sous-types. Si plusieurs études montrent un certain degré d’immunité croisée, une meilleure protection du fœtus est assurée si une souche du même génotype est utilisée. Dans une étude récente (Polak et coll. 2014), un vaccin dirigé contre le BVDV-1 ne protège pas contre une infection par le BVDV-2. Ainsi, le développement de vaccins efficaces contre les virus de tous les groupes antigéniques apparaît comme une priorité pour mettre en œuvre des programmes de contrôle de la BVD fondés sur la vaccination des bovins naïfs.

 

* Gorka Aduriz et coll. : First detection of bovine viral diarrhoea virus type 2 in cattle in Spain, Vet. Rec. 2015.

 

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