Un nouveau président pour la Société centrale canine (SCC)

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Alors que le président sortant, Gérard Arthus, a remis sa démission lors du dernier comité directeur fin septembre, dans un climat assez houleux, Christian Eymard-Dauphin, déjà pressenti pour lui succéder lors du prochain renouvellement du bureau directeur, a été élu mardi 4 octobre à la présidence de cette institution.

C’est dans une période difficile pour la SCC que ce kinésithérapeute arrive au sommet de la pyramide cynophile. Eleveur de drahthaars, il devient vite une figure incontournable du monde des expositions en tant que juge et président de société canine régionale, celle d’Auvergne. Vice-président de la SCC depuis dix ans, ce changement s’inscrit donc dans la continuité… si ce n’est que plusieurs sujets urgents sont à traiter.
Depuis que la SCC a décidé de répondre seule à l’appel d’offres relatif à la gestion du fichier d’identification des carnivores domestiques, tout début janvier, cette délégation de service public est dans une impasse. Mais surtout, les relations avec le Syndicat national des vétérinaires d’exercice libéral (SNVEL) se sont, une nouvelle fois, dégradées… pour des raisons encore obscures. Financières ? Peut-être. De gouvernance ? Certainement, et à deux niveaux : celui du pilotage de la structure de gestion des fichiers d’identification (entre SCC et SNVEL), mais également au siège même de la SCC (rapports de force entre permanents et élus).
La gouvernance de la Société centrale canine devra être une priorité du nouveau président pour (re)donner du souffle à cette grande « administration » :
• recentrer les missions des permanents pour un meilleur soutien aux élus ;
• redynamiser la mise à disposition de l’armada administrative du siège vers les régions et les clubs de race ;
• rééquilibrer la répartition des rôles des associations de race et des sociétés canines régionales ;
• réécrire le projet associatif de la SCC et définir sa stratégie et ses objectifs de développement.

Le projet associatif de la Centrale, une vraie priorité ! L’évolution de la réglementation européenne a conduit l’Etat français à modifier sa procédure d’agrément des gestionnaires des livres d’origines (LOF et LOOF). Ce sont les missions originelles de la SCC qui pourraient ainsi être remises en cause. Depuis la fin des années 90, l’absence de vision de la SCC sur la place du chien dans la société a été désastreuse. On se rappelle les prises de positions rigides contre les chiens dangereux dans les années 98-99, avec cette volonté opportuniste de porter un coup à l’élevage non LOF, quitte à sacrifier certaines races des deuxième et troisième groupes. Le club du rottweiler, stable politiquement, connaîtra alors une implosion à la suite de la catégorisation de la race. Il en sera de même pour les races de type bull avec l’éclatement du grand club de l’airedale et divers terriers. Au final, les dirigeants de l’époque avaient même souhaité élargir les races et types raciaux concernés par l’arrêté du 21 avril 1999.
Suite à la loi L99-5 sur les chiens dangereux, plusieurs textes d’application ne verront pas le jour ou seront retardés de plusieurs années (plus d’une dizaine pour certains). L’objectif ? Le statu quo face à l’impossibilité de mesurer l’impact de nouvelles mesures pour les éleveurs LOF.

Bref, c’est un travail immense qui attend Christian Eymard-Dauphin. Il pourra probablement compter sur un comité directeur plus uni que par le passé et sur une image positive en cynophilie et bien au-delà.

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