Le « syndrome des crises réflexes audiogènes félines » touche les chats âgés

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Des chercheurs britanniques se sont penchés sur une nouvelle affection neurologique chez le chat qui le rend hypersensible aux sons aigus et provoque des convulsions épileptiformes chez certains sujets âgés. L’étude*, publiée le 27 avril 2015, a cherché à identifier les caractéristiques de ce “syndrome des crises réflexes audiogènes félines”.

 

D’abord surnommé “syndrome de Tom et Jerry” par les propriétaires de chats atteints (le chat du dessin animé est souvent surpris par des sons), les chercheurs lui ont ensuite donné le nom plus médical de “syndrome des crises réflexes audiogènes félines”. Entre septembre 2013 et mars 2014, ils ont lancé une vaste enquête pour inciter les propriétaires de chats à signaler cette affection chez leur animal et ont examiné les dossiers médicaux fournis par les vétérinaires traitants afin de mieux cerner le type et la durée des crises, ainsi que les sons qui les provoquent.

chat-age-reflexes-audioegenesSur les 128 cas signalés par les propriétaires britanniques (via la presse, Internet, les forums, etc.), seuls 96 chats ont été retenus dans l’étude, dont 45 de type européen et 30 de race sacré de Birmanie. Tous avaient déclaré une première crise tardivement, entre 10 et 19 ans (moyenne à 15 ans).

Les crises sont déclenchées par des sons aigus et plutôt discrets, comme le froissement du papier d’aluminium, le bruit d’une cuillère contre une assiette, le tintement d’un verre ou encore la frappe sur un clavier d’ordinateur. La gravité des épisodes varie de la simple absence à de brèves crises myocloniques, parfois d’intensité croissante, en passant par des troubles plus sévères comme la perte de conscience pendant quelques minutes (moins de cinq). Un ptyalisme est enregistré chez 86 % des chats et une miction dans 77 % des cas. Les crises sont limitées à une par période de 24 heures au maximum, et l’intervalle entre deux crises peut aller de trois à 18 mois.

Les essais thérapeutiques menés avec le lévétiracétam, un médicament anticonvulsivant utilisé contre l’épilepsie, ont limité la survenue des épisodes chez une vingtaine de chats. Il apparaît plus approprié que le phénobarbital pour contrôler les crises d’absence et de myoclonie.

Ce nouveau syndrome épileptique à survenue gériatrique nécessite de mener d’autres études, notamment pour connaître les prédispositions génétiques éventuelles. Il est en outre à inclure dans le diagnostic différentiel des troubles de santé liés à l’âge chez le chat.

 

* Audiogenic reflex seizures in cats, Journal of Feline Medicine and Surgery, 27/4/2015, doi: 10.1177/1098612X15582080, http://jfm.sagepub.com/content/early/2015/04/27/1098612X15582080.full#sec-22

 

 

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