Santé animale : l’OIE officialise de nouveaux statuts sanitaires et enquête sur la charge mondiale des maladies

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Depuis 1996 et le premier statut officiel reconnu par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) vis-à-vis de la fièvre aphteuse, la liste des priorités sanitaires s’est allongée et comporte aujourd’hui six maladies animales. Pour trois d’entre elles, les 180 pays membres de l’OIE peuvent également faire valider officiellement leurs programmes de contrôle nationaux. Cette procédure volontaire, reconnue par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a un impact positif sur les échanges commerciaux internationaux d’animaux et de leurs produits. À l’inverse, les coûts directs et indirects des foyers de maladies animales dans le monde ont des conséquences néfastes sur l’économie des pays et le commerce mondial.

 

OIE sante animaleSix maladies, classées prioritaires, font l’objet d’une reconnaissance de statut sanitaire par l’OIE : l’encéphalopathie spongiforme bovine, la fièvre aphteuse, la péripneumonie contagieuse bovine, la peste équine, la peste des petits ruminants et la peste porcine classique. La validation officielle des programmes nationaux de contrôle des maladies concerne la fièvre aphteuse, la péripneumonie contagieuse bovine et la peste des petits ruminants.

Dans le cadre de la 84e assemblée mondiale des délégués de l’OIE, qui s’est tenue du 22 au 27 mai 2016 à Paris, plusieurs pays ou zones d’un territoire ont obtenu un nouveau statut sanitaire.

  • Peste porcine classique : 7 pays d’Europe, d’Asie et d’Océanie (l’Allemagne, l’Italie, le Danemark, la Pologne, la République tchèque, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Zélande) rejoignent les 23 déjà reconnus “indemnes de PPC”, ainsi qu’une nouvelle zone au Brésil.
  • Peste des petits ruminants : la Lettonie devient le 53e pays reconnu “indemne de PPR”. L’infection par ce virus a été signalée par plus de 25 % des pays en 2015 et début 2016.
  • Peste équine : le Kazakhstan et les Philippines sont tous deux reconnus indemnes, comme 69 autres pays dans le monde.
  • Encéphalopathie spongiforme bovine : 6 pays d’Europe, d’Afrique et d’Amérique (l’Allemagne, l’Espagne, la Lituanie, le Costa Rica, le Mexique et la Namibie, premier État africain à obtenir ce statut) présentent désormais un “risque négligeable au regard de l’ESB”, portant leur nombre total à 46.
  • Péripneumonie contagieuse bovine : 3 nouveaux pays, la Nouvelle-Calédonie (Océanie), le Mexique (Amérique du Nord) et le Swaziland (Afrique), portent à 14 le nombre total d’États “indemnes de PPCB”, ainsi qu’une zone en Namibie au sud du cordon sanitaire vétérinaire.
  • Fièvre aphteuse : une nouvelle zone en Russie est officiellement “indemne de FA sans vaccination”.

 

En outre, les programmes de contrôle de la fièvre aphteuse soumis par la Thaïlande, la Mongolie et le Kazakhstan sont validés. Au total, 25 demandes de reconnaissance officielle d’un statut ou d’un programme de contrôle de maladie ont été adoptées par l’assemblée mondiale 2016. La liste des obtentions, des suspensions et des recouvrements de statuts sanitaires est mise à jour chaque année. Les pays membres reconnus indemnes doivent donc soumettre à l’OIE, tous les ans, une demande de reconfirmation à la fin du mois de novembre.

Face aux conséquences commerciales et aux pertes occasionnées par certaines de ces maladies, comme la fièvre aphteuse ou la peste porcine classique, les impacts financiers des foyers recensés dans le monde ont fait l’objet d’une enquête auprès des 180 pays membres puis d’une analyse technique*. Les 120 pays qui ont fourni leurs données envisagent d’intégrer désormais les aspects économiques de la santé animale et du bien-être animal dans les programmes de formation initiale et continue des vétérinaires. À terme, l’objectif est d’optimiser la productivité des services vétérinaires nationaux et de mieux prioriser la gestion des maladies et les ressources allouées aux programmes de contrôle.

Mais pour en arriver là, il faut disposer de données précises sur les pertes de production directes et indirectes, sur les coûts de la prévention et des interventions lors de crises sanitaires, analyser les disparités des systèmes de santé animale, définir les besoins en formation vétérinaire et investir dans les dispositifs nationaux de notification des foyers de maladies. Car selon l’OIE, les informations économiques disponibles aujourd’hui, notamment via sa plate-forme sanitaire Wahis, restent insuffisantes et nécessitent d’être mises à jour.

Pour répondre à cette problématique, trois mesures concrètes sont préconisées. La première consiste à mieux former les vétérinaires à l’économie de la santé animale, une discipline récente en pleine évolution, afin de donner à la profession la légitimité nécessaire pour participer aux décisions sur l’allocation des ressources. Ensuite, un projet pilote sera mis en œuvre afin d’estimer les coûts des maladies animales et des services vétérinaires nationaux. Enfin, un programme sera lancé pour recueillir régulièrement des données sur les investissements réalisés dans l’enseignement de la médecine vétérinaire, la recherche, les infrastructures et les activités de coordination. Ces séries de données permettront de fixer les priorités en temps réel parmi les maladies animales, mais aussi d’évaluer de façon objective l’efficacité des services vétérinaires au plan géographique, par espèce animale et par domaine de compétences.

* http://www.oie.int/fileadmin/home/fr/Media_Center/docs/pdf/SG2016/F_84SG_9.pdf

 

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