Relation homme-animal : appel à la création d’un secrétariat d’État à la condition animale

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Pour initier de réelles modifications dans les rapports de l’homme avec les animaux, 23 spécialistes de la question animale demandent la création d’un secrétariat d’État à la condition animale piloté par des experts multidisciplinaires et légitimes. Une pétition de soutien à cette initiative, publiée le 18 octobre sur Change.org*, appelle à la mobilisation et a déjà récolté plus de 12 800 signatures.

 

revolutions-animales-condition-animaleComment devrions-nous vivre demain avec les animaux ? Pour les 23 experts qui ont lancé la pétition “Révolutions animales”, les évolutions de notre perception des animaux, grâce aux récentes révélations de la science sur leur sensibilité au plaisir et à la souffrance et sur leurs compétences sophistiquées, obligent à repenser nos relations avec eux. Ces dernières années, notre façon de considérer les animaux et de prendre en compte leur bien-être a ainsi subi une profonde révolution. La place de l’animal dans nos sociétés doit maintenant changer.

Selon les signataires, ces nouvelles considérations rendent nécessaire la création d’un secrétariat d’État dédié à la condition animale, dont les objectifs sont multiples :

  • prendre en compte des évolutions scientifiques en faveur des animaux domestiques et sauvages dans les décisions politiques, éducatives, économiques, sociales ;
  • consacrer des budgets dignes de ce nom au développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale ;
  • encourager et soutenir de nouvelles économies alternatives à l’exploitation animale, favorisant ainsi la création d’emplois et de nouvelles entreprises ;
  • repenser la place de l’animal dans l’éducation ;
  • favoriser un enseignement du droit animalier dans les universités ;
  • former les policiers et les magistrats au bien-être animal ;
  • renforcer les contrôles pour lutter contre la maltraitance et punir les actes de cruauté ;
  • mettre en place des médiateurs pour les animaux afin de veiller à l’application des lois et du droit.

Grâce à de nombreux travaux de recherche, on sait aujourd’hui que la douleur et la souffrance existent chez les animaux, des poissons jusqu’aux mammifères. L’intelligence, la conscience, l’empathie, la vie émotionnelle, le rire, la souffrance, voire une forme de culture appartiennent désormais à un répertoire commun à l’homme et à l’animal qu’il n’est plus possible de contester. Selon les 23 signataires, ces nouveaux éclairages sur les animaux mettent en lumière le décalage flagrant qui existe entre des faits incontestables, le respect qui leur est dû et les décisions politiques et économiques qui bafouent leur bien-être. Bien qu’ils soient devenus des êtres sensibles au regard de la science et de la loi, les animaux restent soumis à une évaluation marchande et sont toujours considérés comme des biens à la disposition de l’homme. Vus comme un ensemble de matériaux constitutifs d’une biodiversité, ils forment au contraire une communauté d’individus sensibles, inventifs, expressifs, capables de ressentir, d’agir et de réagir.

Les experts déplorent que le sort des animaux demeure à la merci des souffrances utiles, des dérogations et des normes admissibles, et que la satisfaction des enjeux culturels et économiques continue de primer sur la prise en compte de leurs intérêts et de leur bien-être. Parce que la sollicitude envers les animaux est devenue une question sociétale, politique et démocratique, ils proposent d’initier de réelles modifications et de réinventer une société plus humaine, dans l’intérêt commun des hommes, des animaux et de la planète. Une évolution qui arrive à une époque où, paradoxalement, les actes de cruauté envers les animaux n’ont jamais été aussi nombreux.

 

https://www.change.org/p/révolutions-animales-appel-à-la-création-d-un-secrétariat-d-état-à-la-condition-animale

Révolutions animales – Comment les animaux sont devenus intelligents, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent/Arte éditions, 576 pages, 38 €.

 

Les 23 experts de la condition animale

  • Françoise Armangaud, philosophe
  • Éric Baratay, professeur d’histoire contemporaine
  • Denis-Richard Blackbourn, docteur en ethnozoologie
  • Gilles Bœuf, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie
  • Georges Chapouthier, directeur de recherches émérite au CNRS
  • Valérie Chansigaud, historienne des sciences et de l’environnement
  • Yves Christen, éthologue et docteur en sciences
  • Philippe Cury, directeur de recherches à l’IRD
  • Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre et éthologue
  • Fabienne Delfour, éthologue et spécialiste des cétacés
  • Vinciane Despret, éthologue et philosophe
  • Ludovic Dickel, professeur des universités en biologie des comportements
  • Élisabeth de Fontenay, philosophe
  • Muriel Falaise, maître de conférences en droit privé
  • Pierre Jouventin, éthologue
  • Christelle Jozet-Alvez, maître de conférences en biologie du comportement
  • Emmanuelle Grundman, biologiste et spécialiste des grands singes
  • Thomas Lepeltier, historien et philosophe des sciences
  • Karine Lou Matignon, auteure et journaliste
  • Baptise Morizot, maître de conférences en philosophie
  • Éric Navet, éthnologue
  • Jean-Marc Neumann, juriste et enseignant en droit de l’animal
  • Matthieu Ricard, biologiste et moine bouddhiste

 


 

 

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