Refuges : moins de stress et plus de repos pour les chiens temporairement hébergés hors du chenil

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Le placement temporaire en famille d’accueil réduit le niveau de stress et augmente le temps de repos chez les chiens vivant en refuge. Une étude de l’université de l’Arizona a évalué l’impact des programmes d’accueil d’une à deux nuits sur le taux de cortisol urinaire, la fréquence du pouls au repos, la proportion et la qualité du sommeil des chiens en chenil. Cinq refuges pour animaux aux États-Unis ont participé à l’étude. Le fait de quitter temporairement l’environnement clos et pauvre en interactions du refuge a un impact significatif sur le bien-être et le comportement des chiens en attente d’adoption.

L’isolement social est l’un des principaux facteurs de stress pour les chiens qui vivent dans des refuges pour animaux. En plus de la privation de liberté de mouvement due à la taille des cages, la vie en refuge limite également la capacité des chiens à interagir avec leurs congénères et avec l’homme. Dans ce cadre, les chiens sont soumis à plusieurs facteurs de stress, notamment un degré sonore élevé, l’absence d’espace et d’activité, un déficit de sommeil et une perte des liens sociaux. Selon des recherches antérieures, les niveaux de bruit dans les chenils peuvent atteindre, voire dépasser 100 dB. Cet environnement perturbateur, en plus de l’isolement, fait que les chiens perdent peu à peu le contrôle sur leur vie quotidienne. Leur comportement devient apathique, ils manifestent moins d’intérêt pour les visiteurs au fil du temps et finissent par rester en retrait, dans le fond de leur cage.

Chaque année, entre 4 et 5,5 millions de chiens sont placés dans un refuge aux États-Unis. Si beaucoup seront adoptés ou retrouveront leur propriétaire, environ 14 % de ces chiens seront euthanasiés. Pour augmenter le nombre d’adoptions, l’université de l’Arizona a étudié l’incidence de la vie en chenil et les bénéfices d’un court placement hors des grilles du refuge, le temps de quelques nuits, sur le comportement des chiens et leur niveau de stress. L’objectif était de mesurer l’impact du placement familial de courte durée sur les habitudes de repos des chiens de refuge. En plus du dosage du cortisol, l’un des marqueurs physiologiques du stress, des colliers connectés ont permis de surveiller la température, les fréquences cardiaque et respiratoire, l’activité et les positions des chiens.

L’équipe a suivi le degré de stress des chiens de cinq refuges de capacité variable (de 600 chiens par an à plus de 6 000) en mesurant le taux de cortisol avant, pendant et après chaque soirée passée hors de leurs boxes. Au total, 207 chiens ont participé à l’étude et 1 076 valeurs de cortisol ont été collectées puis analysées. Dans tous les refuges, l’équipe de recherche a constaté que le rapport cortisol sur créatinine urinaire avait considérablement diminué pendant leur séjour en famille d’accueil, mais était revenu à son niveau initial après le retour au refuge. Cependant, l’ampleur de la réduction observée variait d’un refuge à l’autre. Tous les chiens ont connu leurs plus longues périodes de repos ininterrompu pendant ce séjour en famille, sorte de parenthèse dans la vie stressante du refuge. Les chiens des refuges ne dorment qu’un peu moins de 11 heures par jour, versus 14 heures pour les autres. Ces sorties ont aussi permis d’en savoir plus sur le comportement individuel des chiens au sein d’un foyer, des informations qui serviront à mieux renseigner un potentiel adoptant.

Au final, ces nuits en famille, à considérer comme une forme d’enrichissement bénéfique mais de courte durée, ne constituent qu’une première étape. Pour réduire le stress et améliorer la vie des chiens de refuge à plus long terme, il reste à étudier les avantages de sorties éducatives plus fréquentes, de placements de longue durée en famille d’accueil et à prendre en compte les facteurs environnementaux spécifiques à chaque refuge.

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