Recours aux antibiotiques : les bonnes pratiques d’emploi détaillées dans un guide à usage vétérinaire

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Le vétérinaire prescripteur est au centre du dispositif de lutte contre l’antibiorésistance, et c’est dans ce cadre que s’inscrivent les bonnes pratiques d’emploi préconisées dans l’arrêté* paru le 10 septembre. Destiné à tous ceux qui délivrent et administrent des antibiotiques (prescripteurs, fournisseurs ou ayants droit de la distribution au détail des médicaments, y compris des aliments médicamenteux, détenteurs des animaux traités), ce guide prend en compte les rapports et les recommandations déjà mis en œuvre aux niveaux international, européen et national.

 

L’encadrement de l’emploi des médicaments à base d’antibiotiques par les vétérinaires passe par un usage raisonné, mais surtout à visée curative immédiate, en évitant toute mention de renouvellement sur l’ordonnance. L’utilisation préventive est une pratique qu’il convient désormais de réserver à certains cas particuliers. La délivrance ne peut intervenir que dans la limite de validité de la prescription et le plus près possible de sa date d’émission. Le traitement est expliqué au détenteur des animaux afin d’assurer une bonne observance et, pour les espèces de rente, le respect des temps d’attente. Les quantités délivrées sont en rapport direct avec les besoins du traitement prescrit.

antibioresistanceUn système de traçabilité des prescriptions au domicile professionnel d’exercice du vétérinaire est obligatoire pour les aliments médicamenteux et les protocoles de soins, en parallèle de l’inscription dans le registre d’élevage pour les autres antibiotiques. De même, les délivrances d’antimicrobiens sont à inscrire dans un registre ou, mieux, à enregistrer via un système susceptible de faciliter l’extraction des données.
Des obligations de pharmacovigilance incombent également aux vétérinaires, qui doivent déclarer à l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) ou au fabricant les défauts d’efficacité, notamment dus à une éventuelle résistance, et les effets indésirables constatés ou rapportés par leurs clients.

En pharmacie, la délivrance des médicaments antibiotiques est subordonnée à la rédaction d’une ordonnance par le vétérinaire et n’est possible que dans la limite de validité de la prescription, le plus près possible de la date d’émission. En outre, le pharmacien d’officine ne peut exercer de droit de substitution d’un médicament vétérinaire. Si la spécialité antibiotique prescrite est indisponible, il doit rapidement se rapprocher du vétérinaire. Là encore, les registres ou les enregistrements des délivrances comportent les mentions utiles à une extraction des données.

De leur côté, les détenteurs d’animaux (éleveurs et particuliers) doivent s’assurer du respect du traitement (dose prescrite, voie et fréquence d’administration, durée). Ils alertent le prescripteur en cas d’absence de guérison ou d’incident. Le recours à un seul vétérinaire sanitaire est en outre préconisé pour le suivi permanent des élevages, afin d’éviter les prescriptions multiples. Dans le cas contraire, tous les traitements sont notifiés dans le registre d’élevage (bilans sanitaires, protocoles de soins, traitements effectués). Quant aux particuliers qui possèdent des chiens, des chats, des nouveaux animaux de compagnie ou des chevaux de loisir, ils peuvent jouer un rôle majeur dans la prévention du risque de maladie infectieuse en respectant les protocoles de vaccination, ainsi que les règles d’isolement et d’hygiène élémentaires. Ils sont tenus de respecter le traitement établi par le vétérinaire et de l’informer de tout manquement ou effet indésirable (inobservance, manque d’efficacité, ingestion accidentelle, contamination du soignant, etc.). La réutilisation d’un médicament antibiotique est en outre interdite.

 

 

Annexe 2 de l’arrêté

Informations devant figurer dans les fiches de recommandations d’usage des antibiotiques élaborées pour chaque espèce animale et pour chaque maladie

 

  • Descriptif de la maladie et de son contexte.
  • Diagnostic (rappel des limites des méthodes diagnostiques).
  • Modalités et critères cliniques du diagnostic.
  • Examens complémentaires disponibles (conditions de réalisation, valeur et limites).
  • Traitement antibiotique.
  • Intérêt du traitement.
  • Choix du type de traitement (curatif, métaphylactique, préventif ).
  • Choix et critères de choix des antibiotiques à utiliser.
  • Attitude en cas d’échec du traitement.
  • Antibiotiques à éviter.
  • Mesures de maîtrise de la maladie.
  • Alternatives aux antibiotiques.

 

* Arrêté du 22 juillet 2015 relatif aux bonnes pratiques d’emploi des médicaments contenant une ou plusieurs substances antibiotiques en médecine vétérinaire paru au JO n° 0209 du 10 septembre 2015.

 

 

 

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