Espèce en voie de disparition : protection élargie pour les chimpanzés captifs aux États-Unis

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Les quelque 2 000 chimpanzés détenus en captivité outre-Atlantique rejoignent leurs cousins sauvages sous le statut d’espèce “en danger”, et non plus seulement “menacée”, selon la classification de l’Endangered Species Act (ESA). Cette décision devrait leur garantir une protection accrue et restreindre les activités commerciales dont ils étaient l’objet. La nouvelle réglementation, publiée aujourd’hui dans le Federal Register, entrera en vigueur 90 jours après sa publication, soit le 14 septembre 2015.

 

chimpanzeLe Fish and Wildlife Service américain classe désormais toutes les populations de chimpanzés (Pan troglodytes), sauvages et captives, sur la liste des espèces en voie de disparition, ce qui permet d’aligner leur statut avec les exigences légales de l’ESA. En vertu de cette loi de protection animale, les animaux en captivité bénéficient ainsi d’un statut juridique identique à celui de leurs congénères sauvages, reconnus “en danger” depuis 1990.

Cette protection unilatérale de l’espèce a facilité l’exploitation des chimpanzés détenus en captivité aux États-Unis. La nouvelle règle met fin à ce déséquilibre, dénoncé notamment en 2010 dans une pétition envoyée au Fish and Wildlife Service. Signée par une coalition d’organisations, dont l’Institut Jane Goodall, elle réclamait l’inscription de tous les chimpanzés sur la liste “en voie de disparition”, via la révision officielle du statut de l’espèce dans l’ESA. L’examen des arguments présentés a finalement conduit à une proposition de règlement en 2013 pour protéger l’ensemble des chimpanzés, qui vient donc d’être finalisé.

La perte d’habitat, les flambées de maladies, le braconnage généralisé (en partie dû à l’exploitation des individus captifs) ont conduit à une baisse de plus de 65 % des populations de chimpanzés sauvages, inégalement réparties dans 22 pays d’Afrique équatoriale. Il n’en resterait plus que 170 000 à 300 000 individus en Afrique aujourd’hui, alors qu’ils étaient encore un million il y a cinquante ans. La protection fédérale élargie pour leurs cousins en captivité devrait freiner la capture de ces animaux pour la recherche biomédicale invasive, le commerce des animaux de compagnie ou encore l’industrie du spectacle.

Certaines activités impliquant des chimpanzés seront interdites sans un permis, notamment l’importation ou l’exportation de ces animaux dans et hors des États-Unis, leur détention inappropriée dans le pays, et le commerce interétatique et international. Les permis pour ces activités ne seront délivrés que pour des opérations scientifiques profitant à l’espèce à l’état sauvage, ou visant à améliorer sa survie et sa conservation, entre autres par la restauration de son habitat et une meilleure gestion des populations in situ.

L’US Fish and Wildlife Service a alloué 9,4 millions de dollars à des programmes de conservation des chimpanzés. Ces subventions, assorties d’un financement de 11,5 millions en fonds additionnels, soutiennent des projets sur le terrain dans 19 pays :

  • Chimpanze 2Élaboration de politiques de conservation locales et aide à l’application de la législation pour assurer la survie à long terme et la protection des chimpanzés et des gorilles, en partenariat avec la Wildlife Conservation Society ;
  • Amélioration de la conservation des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest grâce à la gestion des aires protégées, en partenariat avec la Wild Chimpanzee Foundation-Africa ;
  • Lancement d’une politique de conservation des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest sur la frontière entre le Libéria et la Guinée, en partenariat avec Fauna and Flora International ;
  • Financement de la recherche à long terme et de la conservation des gorilles et des chimpanzés dans la forêt d’Ebo, au Cameroun, en partenariat avec la Zoological Society of San Diego ;
  • Réalisation d’une étude sur les chimpanzés du Sénégal, en partenariat avec l’Iowa State University ;
  • Éducation des communautés locales à la conservation des gorilles et des chimpanzés dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, en partenariat avec l’Institut Jane Goodall.

 

 

 

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