Peste des petits ruminants : 70 pays s’engagent à l’éradiquer d’ici à 2030

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La conférence internationale FAO/OIE sur la peste des petits ruminants s’est tenue à Abidjan (Côte d’Ivoire) du 31 mars au 2 avril 2015. Son objectif : développer une stratégie mondiale de contrôle et d’éradication de la maladie sur quinze ans. Cela suppose d’investir dans les services vétérinaires, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

 

La peste des petits ruminants provoque chaque année des pertes estimées entre 1,3 et 1,8 milliard d’euros. Dans les troupeaux non vaccinés, elle peut tuer en quelques jours jusqu’à 90 % des caprins et des ovins infectés. Cette maladie virale très contagieuse se propage depuis une quinzaine d’années dans des régions où vivent des populations parmi les plus pauvres du monde et sévit dans quelque 70 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. Le risque est de la voir gagner l’Europe si elle n’est pas maîtrisée.

PPR-Elevage-chevresFace à ce constat, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) ont décidé de gérer en commun, via un mécanisme de gouvernance spécifique, les ressources qui seront allouées à l’éradication de la peste des petits ruminants. Pour cela, les deux organisations ont réuni en Côte d’Ivoire, là où le virus de la PPR a été mis en évidence pour la première fois, en 1942, les délégations ministérielles de 15 pays et plus de 300 participants venus de tous les continents. Tous se sont engagés à collaborer pour éliminer définitivement ce fléau d’ici à 2030.

À ce jour, seules deux maladies ont pu être éradiquées dans le monde : la variole humaine en 1980 et la peste bovine en 2011. Le tour de la peste des petits ruminants est venu. Quelque 2,1 milliards de chèvres et de moutons sont recensés au niveau mondial, et 80 % vivent dans les régions affectées. « Les éleveurs sont des acteurs essentiels de l’opération, au même titre que les services vétérinaires. On sait que sans services vétérinaires de qualité, le nombre d’années nécessaires pour réussir à éradiquer la PPR serait probablement doublé. Il faut donc tirer profit de ce projet commun pour les renforcer partout dans le monde », a tenu à rappeler Bernard Vallat, directeur général de l’OIE.

Peste-petits-ruminantsLe plan de contrôle international élaboré par l’OIE et la FAO a un coût, estimé entre 3,6 et 6,4 milliards d’euros sur quinze ans. La réussite de la campagne dépend de la volonté politique des pays à fournir des ressources financières et humaines appropriées et bien coordonnées, avec un engagement réel des autorités nationales, une implication efficace des services vétérinaires et la collaboration des populations pauvres dans les zones rurales. « Les outils techniques pour parvenir à l’éradication sont déjà disponibles. Un vaccin peu coûteux et fiable existe, de même que des tests de diagnostic simples, face à un virus dont la phase infectieuse est relativement brève et qui ne survit pas longtemps hors de ses hôtes », souligne Bernard Vallat. « Nous avons le plan de contrôle, les outils, les fondements scientifiques et les partenaires, renchérit José Graziano da Silva, directeur général de la FAO. L’éradication de la PPR est non seulement à notre portée, mais dépend de nous. »

 

Le plan pour vaincre la PPR se décline en quatre étapes :

  • la phase d’évaluation (comptabilisation et localisation des troupeaux, ainsi que des zones à risque), qui devrait durer d’un à trois ans et encourager la vaccination volontaire ;
  • le contrôle et la gestion du risque, pendant deux à cinq ans, avec une vaccination systématique ;
  • l’éradication finale, sur deux à cinq ans (aucun cas rapporté depuis au moins 24 mois), et une vaccination obligatoire ;
  • la phase postéradication, durant un à trois ans, permettant l’obtention du statut indemne (absence d’apparition du virus ou de la maladie sans vaccination sur une période de 24 mois).

 

Il est prévu de vacciner jusqu’à 80 % de l’ensemble des cheptels, donc tous les animaux âgés de plus de trois mois. La campagne vaccinale permettra en outre de contrôler d’autres maladies du bétail, telles que la brucellose ou la fièvre aphteuse. En mobilisant des investissements plus importants, elle servira aussi à améliorer l’état nutritionnel des populations et à sécuriser leurs moyens de subsistance. De quoi mettre en lumière le rôle joué par la profession vétérinaire dans la lutte contre la pauvreté et pour la sécurité alimentaire.

 

Pour en savoir plus : http://www.oie.int/fr/PPR2015/doc/PPR-Advocacy-FR.pdf

PPR-Afrique

 

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