Mélanome : l’oncologie comparée entre espèces révèle de nouvelles cibles thérapeutiques

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De nouveaux traitements pour une forme rare de mélanome pourraient résulter de la découverte de mutations génétiques similaires chez l’homme, le chien et le cheval. Dans une étude menée chez ces trois espèces au Royaume-Uni, les chercheurs ont effectué le séquençage et l’analyse génomique comparative du mélanome muqueux humain, du mélanome oral canin et du mélanome équin. Ils ont identifié des similitudes et des différences génétiques susceptibles d’influencer le comportement des tumeurs et la réponse aux traitements.

Le mélanome est un cancer le plus souvent cutané, mais un sous-type plus rare, appelé mélanome muqueux, apparaît chez l’homme dans des zones autres que la peau telles que le canal anal ou vaginal, les cavités nasale et buccale. Chez le chien, le mélanome oral est beaucoup plus fréquent que chez l’homme et son pronostic est sombre. Il présente des similitudes histologiques avec la maladie humaine et se développe le plus souvent dans la muqueuse buccale. Chez le cheval, le mélanome est également localisé sur les muqueuses ou à proximité, mais il est généralement moins agressif. Dans les trois espèces, le principal traitement est l’ablation chirurgicale de la tumeur.

Publiée dans Nature Communications, l’étude a séquencé les exomes (parties du génome qui regroupe 85 % des mutations) issus de 46 cas de mélanome muqueux humain, de 65 cas de mélanome oral canin et de 28 cas de mélanome équin, ainsi que des tissus sains correspondants. L’objectif était de caractériser les mutations somatiques du mélanome chez chaque espèce, afin de réaliser une analyse comparative interespèces des mutations génétiques récurrentes et de la variabilité du nombre de copies.

La plupart des mélanomes séquencés ont présenté moins de cinq gènes mutés, soit beaucoup moins que pour les tumeurs cutanées. Responsables du développement du cancer, ils pourraient être ciblés dans le cadre de nouveaux traitements. Avec moins de mutations, ce cancer peut être plus difficile à détecter par le système immunitaire. Cela pourrait expliquer pourquoi l’immunothérapie actuelle échoue souvent à traiter le mélanome oral chez le chien et le mélanome muqueux chez l’homme.

Cette étude est la première à comparer les génomes des mélanomes humain, canin et équin, la première à séquencer ces tumeurs cancéreuses chez le cheval, et la première de séquençage du mélanome oral canin à cette échelle. La comparaison des cancers entre espèces vise à identifier les thérapies les plus pertinentes pour chacune sur le plan biologique. Il s’agit d’un bon exemple de l’approche One health (une seule santé).

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