Manger des insectes : l’Anses se penche sur les risques et les implications

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Pour nourrir la population mondiale en 2030, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est favorable au développement de l’élevage d’insectes. Dans cette perspective, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a réalisé un état des lieux des connaissances scientifiques sur les dangers potentiels liés à l’entomophagie.

 

Actuellement, 2 086 espèces d’insectes sont consommées dans 130 pays dans le monde (essentiellement en Afrique, Asie et Amérique latine) par environ deux milliards de personnes. Les plus “appréciés” sont :

  • les larves ou adultes d’orthoptères (grillons, criquets et sauterelles) et d’hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis) ;
  • les larves de coléoptères (charançons et longicornes) ;
  • les chenilles et chrysalides de lépidoptères (papillons) ;
  • certains adultes d’isoptères (termites) ou d’hémiptères aquatiques (punaises d’eau).

 

Dans un avis* publié hier, l’Anses émet plusieurs recommandations :

  • établir une liste, au niveau européen, des différentes espèces consommables ou non ;
  • accentuer l’effort de recherche dans ce secteur naissant ;
  • explorer scientifiquement la question du bien-être animal pour ces catégories d’invertébrés ;
  • définir un encadrement spécifique des conditions d’élevage des insectes et de leurs produits, afin de garantir la maîtrise des risques sanitaires ;
  • fixer des mesures de prévention du risque allergique pour les consommateurs et les professionnels.

 

En Europe, l’entomophagie gagne du terrain. Les risques sanitaires éventuels liés à ce type d’alimentation, tant humaine qu’animale, méritent d’être étudiés plus avant et maîtrisés via la fixation de normes et d’un cadre adaptés.Selon l’agence, les risques inhérents à cette nouvelle source de protéines sont essentiellement dus :

  • aux substances chimiques : venins, facteurs antinutritionnels, médicaments vétérinaires utilisés en élevages d’insectes, pesticides ou polluants organiques dans l’environnement ou les aliments des insectes, etc. ;
  • aux agents physiques : parties dures des insectes comme le dard, le rostre, les pattes, les ailes ;
  • aux allergènes communs à de nombreux arthropodes (acariens, crustacés, mollusques, etc.) ;
  • aux agents pathogènes ou micro-organismes (parasites, virus, bactéries et leurs toxines, champignons) potentiellement présents chez les insectes et dans les produits finis ;
  • aux conditions d’élevage et de production.

 

En outre, comme pour les autres aliments d’origine animale ou végétale, les insectes comestibles peuvent devenir impropres à la consommation humaine si les techniques de conservation utilisées ne sont pas adaptées.

 

Ainsi, dans un contexte d’incertitudes et de manque de données, le travail de l’Anses met en exergue le besoin d’une évaluation complète des risques sanitaires, d’une étude de développement et d’impact environnementaux de la production d’insectes par rapport à d’autres sources de protéines, avec en ligne de mire des enjeux majeurs en termes de connaissances, de bénéfices nutritionnels ou encore d’acceptabilité sociétale de ces nouveaux aliments. Manger des insectes à plus grande échelle ne s’improvise pas.

 

* Avis de l’Anses relatif à « la valorisation des insectes dans l’alimentation et l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les risques sanitaires en lien avec la consommation des insectes », 9/4/2015.

entomophagie

 

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