Leishmaniose canine : premier cas d’infection non vectorielle entre deux chiens outre-Manche

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Au Royaume-Uni, un shih tzu qui présentait des vomissements, de la diarrhée et une perte de poids est mort en trois semaines de la leishmaniose. Il vivait avec un autre chien, importé d’Espagne où cette maladie chronique, qui se transmet habituellement via la piqûre d’un phlébotome femelle infecté, est endémique. Dans le cas britannique, la contamination s’est faite directement, de chien à chien, sans passer par un insecte piqueur. Des chercheurs vétérinaires réclament l’adoption de mesures visant à protéger les populations canines et humaines du Royaume-Uni contre la leishmaniose.

Le chien est le principal hôte réservoir du protozoaire Leishmania infantum et joue par conséquent un rôle majeur dans le cycle de transmission de l’infection, qui affecte également le lapin, le lièvre, le chat, le loup… et l’homme. Un chien porteur du parasite représente ainsi un réel danger pour ses congénères, les autres mammifères, mais aussi pour l’homme. Car cette anthropozoonose, si elle touchait préférentiellement les zones du pourtour méditerranéen, se propage désormais vers le nord-ouest de l’Europe. Ces dernières années, les vétérinaires ont constaté un nombre croissant de cas de leishmaniose canine.

Le shih tzu mort de la leishmaniose avait trois ans, vivait dans le Hertfordshire et n’avait jamais quitté les Îles britanniques. Il s’agit du premier cas de leishmaniose viscérale signalé au Royaume-Uni chez un chien qui n’avait pas voyagé auparavant dans une zone d’endémie. Il vivait avec un chien séropositif, venu d’Espagne, qui avait développé la maladie six mois plus tôt et avait dû être euthanasié. Les chiens atteints présentent ainsi un risque d’infection pour leurs congénères, même en l’absence de vecteurs naturels, par contact direct. La transmission directe du chien à l’homme, quant à elle, reste à prouver.

Selon la British Small Animal Veterinary Association, l’augmentation du nombre de chiens séropositifs importés au Royaume-Uni rend de plus en plus probable les contaminations accidentelles via ces chiens infectés. Bien que rare, la leishmaniose progresse et préoccupe les vétérinaires britanniques. Plus d’un quart des praticiens interrogés par la British Veterinary Association l’an dernier ont signalé des cas de cette maladie dans leur clientèle. Pourtant, la leishmaniose canine reste mal connue outre-Manche. En parallèle, les cas deviennent plus fréquents depuis une quinzaine d’années, car il est plus facile pour les animaux de compagnie de voyager à travers l’Europe.

Confrontés à la difficulté de son diagnostic et de son traitement, des chercheurs vétérinaires recommandent l’adoption de quatre mesures visant à protéger les populations canines et humaines du Royaume-Uni contre la leishmaniose :

– un dépistage à la fois des chiens importés des régions d’endémie et des chiens “en contact” avec des chiens atteints ;

– un suivi vétérinaire des chiens à risque pour s’assurer de l’absence de séroconversion ;

– l’exclusion des chiens infectés subcliniquement des donneurs de sang ;

– la vaccination et l’utilisation d’insecticides topiques chez les chiens qui voyagent dans des zones d’endémie. L’association de la vaccination et des insecticides peut contribuer, sinon à une disparition, du moins à une diminution de l’importance de cette source infectieuse, et ainsi à la raréfaction des cas humains.

Pour aller plus loin

‘Huge concern’ over leishmaniosis prompts new advice, https://veterinaryrecord.bmj.com/content/184/14/425

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