Le distributeur Walmart exige de ses fournisseurs plus de bien-être animal et moins d’antibiotiques

Vetitude.fr | Le

Walmart, le géant américain de la grande distribution, impose désormais à ses sous-traitants d’améliorer les conditions d’élevage des animaux et de limiter le recours aux antibiotiques au traitement des maladies. Il rejoint ainsi d’autres multinationales (Tyson Foods, McDonald, Chick-Fil-A) qui ont récemment opté pour ces nouvelles bonnes pratiques… sous la pression des consommateurs et des actionnaires.

Est-ce la fin annoncée du poulet élevé aux antibiotiques ? En tout cas, Walmart dit avoir écouté ses clients et demande à ses producteurs de viandes de se conformer à de nouvelles exigences en matière d’élevage, de thérapie, d’abattage et de bien-être des animaux de ferme. Une initiative qui vise à freiner l’usage massif d’antibiotiques outre-Atlantique, entre autres dans les élevages industriels de volailles.

Remodeled_WalmartWalmart est engagé, depuis octobre 2014, dans un système d’approvisionnement et d’offre alimentaire durables, qui passe notamment par l’amélioration de la sécurité et de la transparence de la chaîne alimentaire. Aujourd’hui, le groupe étoffe ses objectifs en prenant position contre la maltraitance animale et l’utilisation non raisonnée des antibiotiques en élevage. Ses lignes directrices seront également applicables aux fournisseurs américains de Sam’s Club, sa filiale de magasins de gros.

Ainsi, Walmart somme ses partenaires de mettre en œuvre des pratiques cohérentes avec les cinq grands principes du bien-être animal :

  • signaler les cas de maltraitance sur les animaux et prendre les mesures disciplinaires et correctives appropriées ;
  • trouver et mettre en œuvre des solutions pour améliorer les conditions d’élevage (logement, procédures douloureuses) et d’abattage ;
  • promouvoir la transparence en publiant des rapports d’étape annuels sur la politique de bien-être animal de leur entreprise et les progrès réalisés en la matière.

 

Du côté du recours aux antibiotiques, Walmart prône trois autres règles à respecter par les éleveurs :

  • adopter et mettre en pratique les principes de l’American Veterinary Medical Association (Avma) sur une utilisation judicieuse des antimicrobiens, notamment via la surveillance vétérinaire, et limiter l’antibiothérapie aux animaux malades ou à risque ;
  • adopter et mettre en œuvre les bonnes pratiques publiées par la Food and Drug Administration en 2013 dans leurs propres exploitations, y compris en cessant tout usage comme promoteurs de croissance des antibiotiques médicalement importants pour l’homme ;
  • promouvoir la transparence en fournissant un rapport annuel sur leur gestion des antibiotiques et en rendre compte publiquement.

 

Le chemin est encore long, car les fermes américaines utilisent environ 80 % des antibiotiques consommés aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention, favorisant le développement des bactéries résistantes. Malgré tout, les initiatives se multiplient ces derniers mois, laissant espérer des avancées sur ce front.

Par exemple, Tyson Foods, l’un des plus grands producteurs de viande de volaille et de porc et premier exportateur de bœuf américain, a annoncé fin avril vouloir produire des poulets de chair sans antibiotiques d’ici à 2017, rejoignant ainsi les rangs de la lutte mondiale contre l’antibiorésistance. Dès cet été, il devrait étendre cette réduction à son cheptel de bovins, de porcs et de dindes.

640px-Chevron,_McDonald's,_US_19,_Jefferson_CountyDe même, McDonald a annoncé début mars que ses 14 000 restaurants aux États-Unis ne serviront plus de poulet élevé aux antibiotiques (à usage humain) d’ici à mars 2017. Une autre chaîne de restauration rapide, Chick-Fil-A, avait pris la même décision l’an dernier, avec un objectif de cinq ans. À ce jour, 20 % de ses approvisionnements en volailles sont déjà issus d’élevages qui n’utilisent plus d’antibiotiques facteurs de croissance.

L’annonce de McDonald pourrait influencer d’autres chaînes, voire la production américaine de poulet dans son ensemble. Mais elle reste limitée aux viandes de volailles et au territoire américain, le bœuf et le porc ne sont pas concernés. En outre, les producteurs peuvent toujours avoir recours aux antibiotiques pour prévenir et traiter les maladies animales qui découlent notamment des conditions de surpeuplement et d’insalubrité. Ces médicaments servent de béquille pour soutenir l’ensemble du système d’élevage intensif américain.

Au final, il reste à étendre ces bonnes pratiques aux autres animaux de rente, et au reste du monde. En France, Carrefour s’est récemment lancé dans une filière de porcs élevés sans antibiotiques. Le distributeur français avait auparavant mené une expérience pilote, avec succès, en Auvergne.

 

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