Un jumelage réunit les services vétérinaires franco-algériens

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Le ministère de l’Agriculture français se rapproche de son homologue algérien via un jumelage des services vétérinaires et des laboratoires vétérinaires des deux pays. L’objectif est d’améliorer la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale.

 

Côté français, les pilotes de ce rapprochement sont France vétérinaire international (FVI) et l’Assistance au développement des échanges en technologies économiques et financières (Adetef).

 

Le jumelage avec la Direction des services vétérinaires algériens est financé à hauteur de 1 492 000 € sur deux ans. 650 hommes par jour d’expertise, avec 85 experts, sont ainsi prévus. L’objectif premier est de favoriser la commercialisation des produits alimentaires d’origine animale, tant sur le marché intérieur algérien qu’à l’exportation (Union européenne et monde). Pour cela, le ministère algérien de l’Agriculture et du Développement rural souhaite renforcer les services vétérinaires pour que la fiabilité de leurs contrôles réponde aux normes de qualité (ISO/CEI 17020) préconisées par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Le directeur de l’OIE, Bernard Vallat, fait de la qualité de ces contrôles une priorité pour la sécurisation des denrées globalisées.

 

Locaux de l’Institut national de la médecine vétérinaire à El Harrach en Algérie

Locaux de l’Institut national de la médecine vétérinaire à El Harrach en Algérie

De même, le jumelage avec l’Institut national de la médecine vétérinaire (INMV) algérien, dont le montant de la subvention s’élève à 1 450 000 € (550 hommes par jour avec 48 experts), doit assurer un appui technique, scientifique et logistique aux contrôles vétérinaires. Cet établissement public à caractère administratif (EPA) est rattaché au ministère algérien.

 

Au terme de ces deux ans, le jumelage doit avoir répondu à plusieurs objectifs.

  • Des normes et des règlements nationaux harmonisés avec la réglementation européenne ;
  • Un organigramme des services vétérinaires complété par l’introduction de fonctions transversales et un système qualité selon la norme ISO/CEI 17020 ;
  • Des contrôles vétérinaires renforcés et dématérialisés pour les amener au niveau des standards européens, notamment dans les domaines de l’identification animale et des plans de surveillance des résidus dans les aliments ;
  • La préparation de la mise en œuvre d’un système d’information des services vétérinaires ;
  • La mise en place à Constantine et Tlemcen, deux laboratoires régionaux de l’INMV, d’un système de management de la qualité (SMQ) selon le référentiel ISO/CEI 17025 et l’amélioration du SMQ du laboratoire central vétérinaire d’Alger ;
  • L’instauration dans les laboratoires de l’INMV d’un système de gestion des risques biologiques ;
  • Le renforcement des diagnostics virologiques et moléculaires ;
  • La mise en œuvre d’analyses toxicologiques et le renforcement des analyses physicochimiques.

 

Ce jumelage s’inscrit dans un cadre plus large, celui de la politique de renouveau agricole et rural (Prar) du gouvernement algérien, orientée vers une redynamisation des territoires ruraux. Un volet important concerne le changement climatique et la gestion de l’eau, un autre la “sécurisation alimentaire”.

 

Le ministre algérien Abdelouahab Nouri a eu l’occasion de travailler sur cette coopération dans le domaine agricole, du 20 au 22 février 2015, avec Stéphane Le Foll, son homologue français. Une coopération qui a été actée via la signature d’une convention entre les deux pays, le 19 décembre 2012 à Alger. Le comité agricole mixte franco-algérien est notamment axé sur le développement de la filière laitière, la structuration de la filière bovine et la formation vétérinaire. Le soutien aux éleveurs passe par un programme de 10 000 unités d’élevage, c’est-à-dire la mise en place d’unités familiales au profit de 9 800 porteurs de projets. Les filières apicole et ovine ont été les plus plébiscitées.

 

jorisamonen_pixabay

 

 

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