Influenza aviaire : le sous-type hautement pathogène H5N8 se propage en Europe

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Les foyers d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 se multiplient dans plusieurs pays européens. Des cas sont recensés chez des oiseaux sauvages ou des volailles en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, en Croatie, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suisse et à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche. Cette recrudescence inquiète les éleveurs de volailles français, déjà éprouvés par l’épizootie de grippe aviaire qui a sévi dans le Sud-Ouest en début d’année. Afin de prévenir tout risque de propagation du virus en France, le ministère de l’Agriculture rappelle l’importance des mesures de biosécurité à mettre en place dans les exploitations et annonce un renforcement de la surveillance de la faune sauvage sur l’ensemble du territoire.

 

influenza-aviaire-h5n8Ces dernières semaines, plusieurs foyers confirmés d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 ont été déclarés en Europe. Le virus circule à la fois au sein de la faune sauvage et dans des élevages de volailles. Au 14 novembre 2016, neuf cas ou foyers ont été déclarés dans l’avifaune en Allemagne, en Croatie, au Danemark, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Suisse (lac Léman) et à la frontière Autriche-Suisse-Allemagne (lac de Constance). Dix foyers ont été déclarés dans des élevages allemands (trois foyers), autrichiens (deux) et hongrois (cinq). Hors d’Europe, un foyer a été déclaré à la frontière entre Israël et la Jordanie, dans un élevage de 45 000 poulets.

La Hongrie a notifié à la Commission européenne la présence de foyers sur son territoire, ainsi que la mise en place de zones de protection et de surveillance. Bruxelles a examiné et approuvé ce zonage, tout en indiquant qu’il faut « définir rapidement à l’échelon de l’Union » les zones réglementées établies en Hongrie, en collaboration avec cet État membre, « afin de prévenir toute perturbation inutile des échanges dans l’Union et d’éviter que les pays tiers n’imposent des entraves injustifiées aux échanges commerciaux ». Ainsi, en annexe de sa décision d’exécution*, la Commission définit les zones de protection et de surveillance hongroises dans lesquelles les mesures zoosanitaires prévues par la directive 2005/94/CE** s’appliquent, et fixe la durée de validité de ces zones.

Du côté du ministère de l’Agriculture français, un plan de surveillance active renforcé de l’avifaune est déclenché sur l’ensemble du territoire, avec l’aide de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Cette surveillance renforcée permettra, le cas échéant, de réagir précocement pour circonscrire tout nouveau foyer d’influenza aviaire et prévenir ainsi le risque de propagation du virus et de nouvelles contaminations. Les vétérinaires et les détenteurs de volailles sont également invités à la plus grande vigilance pour détecter les signes cliniques de la maladie et signaler toute mortalité anormale. Par ailleurs, en raison des conditions climatiques favorables à la diffusion du virus, le ministère a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) afin d’évaluer le risque d’exposition du territoire national selon les régions. Son avis est attendu d’ici à une semaine.

Le niveau de risque national vis-à-vis de l’influenza aviaire a d’ores et déjà été relevé de négligeable à modéré. Un appel a été lancé pour inciter les éleveurs à mettre en place des mesures de protection adéquates et pour alerter en cas de mortalité suspecte dans leur cheptel.

 

* http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32016D1968&from=FR

** La directive 2005/94/CE du Conseil établit certaines mesures préventives relatives à la surveillance et à la détection précoce de l’influenza aviaire ainsi que des mesures minimales de lutte à appliquer en cas d’apparition d’un foyer de cette maladie chez des volailles ou d’autres oiseaux captifs. Cette directive prévoit l’établissement de zones de protection et de surveillance en cas d’apparition d’un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). En France, ces mesures ont été renforcées par l’arrêté du 8 février 2016, et s’appliquent sur tout le territoire depuis le 1er juillet dernier.

 

 

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