Influenza aviaire H5N1 : la Dordogne soumise à des mesures de biosécurité

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Deux nouveaux cas de grippe aviaire hautement pathogène ont été détectés dans deux élevages de volailles en Dordogne, via le Plan national d’intervention sanitaire d’urgence. Ce plan avait été activé par le ministre Stéphane Le Foll, le 24 novembre dernier, à la suite de la confirmation de l’infection par le virus H5N1 d’une basse-cour située à Biras. Le séquençage de la souche en cause dans ces deux nouveaux cas est en cours. En attendant, tout le département est soumis à des mesures de confinement et de biosécurité exceptionnelles pour limiter la propagation de la maladie.

 

gavage-foie-gras-H5N1 influenza aviaireLes services vétérinaires du ministère de l’Agriculture ont procédé à l’abattage par électrocution de l’ensemble des oiseaux présents dans les deux élevages où l’analyse des prélèvements a révélé la présence d’une souche d’influenza aviaire hautement pathogène pour les volailles. Il s’agit d’un élevage d’un millier d’oies à Domme et d’un autre de quelque 14 000 canards à Saint-Paul-la-Roche, situés à quelques dizaines de kilomètres du premier foyer.

Des mesures de protection, qualifiées d’exceptionnelles et de drastiques par le préfet lors de sa conférence de presse de la mi-journée, ont été prises dans les 70 élevages recensés au sein de la zone de surveillance de 10 km autour des trois foyers. Outre les mesures liées à la déclaration d’infection et au périmètre interdit, les arrêtés préfectoraux interdisant l’organisation de rassemblements de volatiles vivants dans le département, ainsi que la chasse dans une vingtaine de communes autour de Biras, demeurent en vigueur. Des analyses virologiques systématiques seront également pratiquées.

Mais contrairement à Biras, où la majorité des poules de la basse-cour infectée étaient mortes, aucune mortalité anormale n’a été constatée dans les deux nouvelles exploitations touchées. Des épidémiologistes, dépêchés sur place par le ministère de l’Agriculture, vont étudier « ce phénomène atypique », selon les termes du préfet. Les contrôles de routine avaient déjà mis en évidence des taux élevés d’anticorps chez les palmipèdes de ces deux élevages, suggérant leur exposition à la maladie.

Le département de la Dordogne est un important producteur de produits avicoles. Le retour de la grippe aviaire, s’il ne semble pas avoir affecté les ventes sur le marché au gras de Périgueux ce samedi, va pourtant induire des répercussions à l’exportation. Ainsi, les autorités marocaines viennent d’interdire, jusqu’à nouvel ordre, l’importation de tous types de volailles en provenance de France. Il en est de même pour les viandes transformées dans l’Hexagone, mais aussi pour les œufs. Et le Maroc n’est pas le seul pays à prendre cette décision. La Corée du Sud a également mis un terme, le 27 novembre dernier, à toute importation de volailles françaises. Dans ce contexte, le ministère de l’Agriculture assure les professionnels de « la mobilisation totale des services de l’État pour limiter la propagation et les conséquences de la maladie ».

Depuis, Loïc Evain, directeur général adjoint de l’alimentation, a confirmé que six autres pays ont stoppé leurs importations de volailles françaises : le Japon, la Chine, la Thaïlande, l’Égypte, l’Algérie et la Tunisie. Une liste qui pourrait s’allonger dans les prochains jours.

Pourtant le ministère avait tenté de rassurer les consommateurs, en soulignant « que l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de viande, œufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire ». La majorité des cas humains d’infection par le virus A H5N1 recensés dans le monde sont en effet associés à des contacts directs ou indirects avec des volailles contaminées, vivantes ou mortes. Il n’existe aucune donnée prouvant que le virus puisse infecter l’homme via des aliments convenablement cuits. En revanche, son potentiel pandémique ne fait aucun doute.

La dernière crise provoquée par le virus H5N1 en France remonte à février 2006. À la suite d’une mortalité massive de dindes dans un élevage industriel de l’Ain, le gouvernement avait ordonné le confinement de tous les oiseaux élevés en plein air ou détenus par des particuliers sur l’ensemble du territoire. À l’époque, 65 cas d’influenza aviaire hautement pathogène avaient été confirmés chez des oiseaux sauvages retrouvés morts. Les derniers isolements du virus grippal ont eu lieu en août 2007, en Moselle, chez cinq cygnes et deux canards sauvages.

 

 

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