Grippe canine H3N2 : le sud-est des États-Unis touché par une nouvelle épizootie

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Des foyers d’influenza A canine ont été détectés dans plusieurs États américains, d’abord au sud-est du pays, touchant dans un premier temps la Géorgie et la Floride, avant de gagner la Caroline du Nord et du Sud, puis le Kentucky, le Missouri, l’Illinois, et jusqu’au Texas. Il s’agit du sous-type H3N2, la même souche virale identifiée lors de l’épizootie qui a frappé la région de Chicago, au printemps 2015. Dans les zones où le virus grippal se propage, les vétérinaires et les propriétaires de chiens sont appelés à la vigilance pour détecter précocement tout signe de maladie respiratoire et, le cas échéant, isoler les animaux atteints pendant au minimum 21 jours, selon le protocole mis en œuvre il y a deux ans pour limiter la propagation de la maladie.

 

L’influenza canine, très contagieuse, se propage facilement chez les chiens en contact et, dans de rares cas, peut infecter les chats. Si environ 20 à 25 % des chiens infectés restent asymptomatiques, ils peuvent néanmoins excréter et diffuser le virus à leurs congénères. En parallèle, 80 % des chiens exposés au virus développent des signes cliniques de la maladie au cours des 24 à 48 heures qui suivent et peuvent excréter le virus jusqu’à 28 jours après l’exposition. En outre, le virus grippal est capable de survivre jusqu’à 48 heures sur les surfaces dures, 24 heures sur les vêtements et 12 heures sur les mains.

Au cours de l’épizootie de 2015, une étude rétrospective* s’est intéressée à la persistance du virus H3N2 de l’influenza A canine, afin d’estimer la période d’isolement appropriée pour les chiens infectés en fonction de la durée de l’excrétion virale. Les résultats montrent que les chiens infectés par le virus grippal doivent être isolés pendant une période d’au minimum 21 jours après le début de la maladie. Même si les signes cliniques disparaissent plus tôt, l’excrétion virale peut persister. Ainsi, en 2015, la dissémination du virus H3N2 a été considérablement ralentie lorsque les refuges et autres chenils ont mis en place ce protocole d’isolement d’au moins 21 jours.

Mais l’isolement ne représente qu’une partie du contrôle de l’influenza A. La vaccination joue également un rôle pour réduire l’incidence et la gravité de la maladie. Dans les zones où les virus grippaux sont actifs, les propriétaires sont priés d’éviter les lieux de rassemblement de chiens et les contacts entre animaux. Ils doivent contacter leur vétérinaire au moindre symptôme (toux, léthargie, baisse d’appétit, jetage, augmentation du rythme respiratoire, fièvre). L’American Kennel Club (AKC) a publié un communiqué** destiné à informer les propriétaires, les éleveurs, les exposants, etc., sur la conduite à tenir lors de suspicion d’infection. L’objectif est de minimiser les risques et de réduire la propagation de la maladie. Pour cela, les propriétaires de chiens à risque d’exposition au virus de la grippe canine sont incités à les faire vacciner au moins une fois par an contre les deux souches, H3N8 et H3N2, qui circulent outre-Atlantique. Deux vaccins vétérinaires, dont un bivalent, sont disponibles actuellement. Il n’existe en revanche aucun vaccin félin pour le moment.

Heureusement, savon et eau sont très efficaces pour inactiver les virus grippaux. Selon l’American Veterinary Medical Association (Avma), ils sont ainsi facilement tués par les désinfectants d’usage courant dans les cliniques vétérinaires, les refuges pour animaux, etc. Il convient toutefois de respecter strictement le protocole d’isolement, et de nettoyer-désinfecter les vêtements, l’équipement, les surfaces et les mains après toute exposition.

 

* http://avmajournals.avma.org/doi/abs/10.2460/javma.248.9.1022

** http://www.akc.org/content/news/articles/canine-influenza-virus-notice/

 

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