Fièvre catarrhale ovine : l’épizootie de FCO de sérotype 8 touche désormais onze départements français

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Quatre nouveaux départements français touchés en une semaine, cela porte à onze le nombre de départements placés entièrement en zone de protection (Allier, Cantal, Cher, Creuse, Indre, Loire, Haute-Loire, Nièvre, Puy-de-Dôme, Rhône, Saône-et-Loire). Un nouvel arrêté* ministériel, publié le 9 octobre 2015, met à jour le zonage réglementé pour suivre l’évolution de la maladie sur le territoire et la détection des foyers. L’inquiétude progresse également chez les éleveurs et les apiculteurs.

 

Depuis la découverte d’un premier cas dans l’Allier, le 11 septembre dernier, une soixantaine de foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO) ont été confirmés dans onze départements, couvrant tout le centre de la France (notamment 24 dans l’Allier, 18 dans le Puy-de-Dôme, 4 dans la Creuse, 1 dans le Cantal, 1 dans la Loire, etc.). Autour de cette zone de protection, la zone de surveillance s’étend désormais à l’est jusqu’en Savoie, elle atteint le Tarn et le Tarn-et-Garonne au sud, tandis qu’elle frôle les Deux-Sèvres au nord-ouest et touche l’Eure-et-Loir et la Seine-et-Marne au nord.

Dans le même temps, la vaccination des ruminants (bovins, ovins et caprins) prioritaires, ciblée sur les animaux destinés à l’exportation, se poursuit à un rythme soutenu : quelque 900 000 doses ont été distribuées aux vétérinaires, permettant de vacciner 450 000 têtes. Selon les estimations préfectorales, quelque 60 % animaux sont d’ores et déjà vaccinés, et cette première phase devrait s’achever à la fin de la semaine. L’arrivée de nouvelles doses lancera la seconde phase de vaccination.

 

Des éleveurs asphyxiés

SheepSi la campagne vaccinale progresse, la réouverture des marchés à l’export devient la priorité pour les éleveurs français, qui attendent toujours, non sans impatience, de pouvoir exporter leurs bêtes. La signature des accords avec les pays importateurs se fait attendre, et les exploitations, engorgées, sont pour certaines dans une situation délicate. De son côté, le gouvernement continue de négocier avec les marchés étrangers les protocoles d’échanges avec la France. L’Espagne est le premier pays à l’avoir signé, le 2 octobre : il permet l’exportation de bovins soit après la vaccination, soit après un test de dépistage (PCR) négatif réalisé quatorze jours après le début de la désinsectisation des animaux. L’Italie, l’Algérie et la Turquie devraient suivre dans les jours à venir. Un inspecteur général a en outre été nommé par le ministre de l’Agriculture pour faciliter l’organisation des exportations selon les exigences de chaque pays importateur. Le ministre a également annoncé une « compensation des pertes économiques » subies par les éleveurs, pour couvrir notamment la mortalité des animaux et les coûts de leur immobilisation pendant les campagnes de dépistage et d’immunisation. L’État devrait aussi prendre en charge les coûts de réalisation des analyses PCR pour les veaux de huit jours destinés à l’exportation.

 

Des apiculteurs inquiets

Pour sa part, la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) a demandé aux préfets des départements concernés par la FCO de ne pas rendre obligatoire la désinsectisation systématique des élevages, par crainte que cette mesure ne décime une nouvelle fois leurs colonies d’abeilles, comme pendant l’hiver 2008-2009 lors de la précédente épizootie. Selon elle, l’utilisation d’insecticides n’a pas démontré son efficacité sur le terrain. La FFAP s’appuie pour cela sur un avis** de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) de 2009, qui qualifie de non pertinent le recours obligatoire et systématique aux traitements insecticides des animaux, des bâtiments, des moyens de transport et de l’environnement. Prévu par la réglementation communautaire et nationale, ce protocole ne se justifierait qu’en cas d’apparition de sérotypes pour lesquels aucun vaccin homologue n’existe ou en nombre de doses insuffisant.
Ainsi, selon l’agence, une concentration importante de pyréthrinoïdes « ne semble pas entraîner des mortalités importantes chez les culicoïdes se posant directement sur la peau des animaux » et il n’existe « aucune preuve formelle sur leur capacité à diminuer le risque de transmission du virus de la FCO ». En outre, vu la faible efficacité des pyréthrinoïdes contre le vecteur et les conséquences écologiques potentielles, notamment pour les insectes pollinisateurs, « l’application d’adulticides dans l’environnement devrait être évitée ».

 

* Arrêté du 8 octobre 2015 modifiant l’arrêté du 22 juillet 2011 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la lutte contre la fièvre catarrhale du mouton sur le territoire métropolitain, paru au JO du 9 octobre 2015.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031285838&dateTexte=&categorieLien=id

** Avis de l’Afssa sur l’intérêt de la mise en œuvre des mesures de désinsectisation dans le protocole de lutte contre la fièvre catarrhale ovine, https://www.anses.fr/fr/system/files/SANT2009sa0086.pdf

 

 

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