Influenza aviaire : bientôt une chaire de biosécurité aviaire à l’école vétérinaire de Toulouse (ENVT)

Vetitude.fr | Le

Stéphane Le Foll, en déplacement à Toulouse le 24 octobre 2016, a réaffirmé son soutien à la création d’une chaire partenariale de biosécurité aviaire au sein de l’ENVT. À cette occasion, le ministre de l’Agriculture a alloué à l’école une contribution financière de 1,2 million d’euros sur trois ans. En outre, 300 000 € seront également débloqués pour pérenniser les stages tutorés et favoriser l’installation de 25 jeunes vétérinaires dans les territoires ruraux.

 

Isabelle Chmitelin, directrice de l’ENVT a lancé la chaire consacrée à la formation et à la recherche sur la biosécurité en aviculture, et influenza aviaireL’ambition de la nouvelle chaire* est de contribuer à la formation et à la recherche sur la biosécurité en aviculture, en intégrant les interactions sanitaires avec les basses-cours et l’avifaune sauvage. Toutes les espèces de volailles seront ciblées, mais une attention particulière sera portée aux palmipèdes en raison de leur rôle central dans l’épidémiologie de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) qui a sévèrement touché, plusieurs mois durant, les élevages de canards et d’oies du sud-ouest de la France.

À la lumière de cette crise sanitaire, qui a débuté en novembre 2015, il est apparu nécessaire de mieux connaître et maîtriser les mesures de biosécurité en élevage, afin de protéger les exploitations de l’introduction du virus et prévenir l’apparition de nouveaux foyers d’influenza aviaire. La mise en œuvre d’un dispositif d’accompagnement scientifique et pédagogique, sous la forme d’une chaire partenariale dédiée, a donc été proposée par l’école vétérinaire de Toulouse, pour sécuriser durablement les filières avicoles.

Ce projet a réuni plusieurs intervenants autour de l’ENVT : des partenaires publics comme l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la Direction générale de l’alimentation (DGAL), mais aussi des organismes professionnels tels que la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), les Groupements de défense sanitaire (GDS France) et l’Institut technique de l’aviculture (Itavi).

L’objectif de tous les acteurs du projet est triple :

  • générer des données scientifiques permettant d’étayer les décisions publiques et les investissements des professionnels ;
  • répondre aux besoins d’animation scientifique et technique dans les zones concernées, en lien avec les organisations professionnelles, les services de l’État et les collectivités territoriales ;
  • associer la recherche et la formation des futurs professionnels de l’élevage (vétérinaires, techniciens et éleveurs).

 

Le ministère de l’Agriculture, via la signature d’une convention, a doté l’ENVT de 1,2 million d’euros sur trois ans pour conduire ces actions.

Le déploiement de 300 000 €, destinés à accompagner le développement de 25 stages tutorés** et à favoriser l’installation de jeunes vétérinaires en zone rurale, a fait l’objet d’une seconde convention signée par Stéphane Le Foll. Les stages tutorés, créés en 2013 pour promouvoir l’exercice libéral vétérinaire en milieu rural, s’inscrivent dans le cadre du plan de modernisation de la formation initiale vétérinaire. En trois saisons, 25 étudiants de cinquième année en ont bénéficié, placés en immersion pendant 18 semaines dans un cabinet mixte. Ce nouveau mode d’apprentissage, encadré par un contrat signé entre l’école d’origine, la structure vétérinaire d’accueil et le jeune diplômé, a pour ambition de susciter des vocations rurales et d’acquérir des compétences visant à résoudre et à maîtriser les problèmes sanitaires en élevage de ruminants, sans oublier la gestion d’entreprise. Pour 2016-2017, 17 candidats ont été acceptés.

Depuis la mise en place du dispositif, la totalité des étudiants vétérinaires qui ont effectué un stage tutoré se sont installés en milieu rural une fois leur diplôme en poche, dont 65 % dès la sortie de l’école. 29 % sont restés dans la structure où ils ont été accueillis en stage. En outre, la moitié des stagiaires sont des étudiants de l’école de Toulouse, laquelle s’est fortement impliquée dans ce programme dès sa création. Dans la continuité du séminaire « Le vétérinaire, la carte et le territoire » de mai 2016, le ministre a d’ailleurs confié à l’ENVT le rôle de coordinateur et d’animateur du dispositif pour les quatre écoles vétérinaires françaises (Alfort, Lyon, Nantes, Toulouse).

Pour Isabelle Chmitelin, directrice de l’ENVT, « la mise en œuvre effective des recommandations par les professionnels est le véritable enjeu » de la nouvelle chaire. Le programme sera validé lors des premiers comités de pilotage.

* http://www.envt.fr/sites/www.envt.fr/files/files/communication/Chaire_Bios%C3%A9curit%C3%A9_Aviaire.pdf

** http://www.envt.fr/sites/www.envt.fr/files/files/communication/Tutorat_Rural.pdf

 

Partager cet article :

Articles qui pourraient vous intéresser

Plus dans Actualité
Biodiversité : Barbara Pompili veut faire connaître les initiatives, les réussites, les savoir-faire dans trois domaines : l’éducation à la nature, la nature en ville, l’économie de la biodiversité
Biodiversité : un site internet recense les actions de reconquête menées sur le terrain

La protection de l’environnement passe par la mobilisation de tous les acteurs dans les territoires : citoyens, écoles, associations, entreprises, collectivités,...

Fermer