Les animaux de compagnie peuvent-ils attraper Covid19 ?

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Le covid19 est d’origine zoonotique, mais cela n’implique pas nécessairement un retour dans la population animale. Malgré quelques cas isolés, il est très peu probable que les animaux de compagnie soient contaminés par SARS-CoV-2 et le transmettent. Ce sont les coronavirus propres à leur espèce dont il faut se soucier.

SARS-Cov-2 continue de se propager à travers le monde, provoquant anxiété et paranoïa. Début Mars 2020, un chien testé faiblement positif au Covid19 à Hong Kong déclenche inexorablement une vague d’inquiétudes et de fausses idées chez les propriétaires d’animaux de compagnie, provoquant une hausse des abandons. « Pourtant, il n’y a pas lieu de s’inquiéter des coronavirus félins ou canins, » explique Sophie Le Poder, professeur de virologie à l’École nationale vétérinaire d’Alfort. « Ils existent depuis très, très longtemps et ils ne passent pas à d’autres animaux de compagnie, ni aux humains. Cela n’a jamais été documenté. »

Le covid19 est d’origine zoonotique, mais cela n’implique pas nécessairement un retour dans la population animale.

Cependant, avec un deuxième chien testé positif et le premier chat qui développe des symptômes, il est important de mettre les connaissances au clair. A ce jour, il n’y a aucune évidence que les chiens ou les chats sont capables de transmettre SARS-CoV-2.

En effet, il y a une grande différence entre être infecté et être infectieux. Dans la première situation, le virus ne peut pas être transmis ; et d’après les autorités, c’est le cas pour ces animaux porteurs identifiés jusqu’à présent. Si les deux chiens asymptomatiques semblent avoir attrapé le virus sur des surfaces contaminées, les animaux ayant été en contact avec eux n’ont pas été infectés. Et même si le chat semble, lui, présenter des symptômes, rien n’indique une infection virale productive.

Les trois cas dépistés jusqu’à présent ne permettent donc pas, à l’heure actuelle, de conclure en direction d’une infection active qui favoriserait une contagiosité animal-Homme ou animal-animal. Pour confirmer ces suppositions, entre le 24 février et le 12 mars 2020 dans 50 états américains et en Corée du Sud où il existait des cas humains de Covid-19, plusieurs animaux de compagnie, chiens (55 %), chats (41 %) et chevaux (4 %), ont été testés. Tous sont négatifs à SARS-CoV-2. Une entreprise vétérinaire américaine confirme auprès de milliers de chiens et de chats : jusqu’à présent aucun n’a été testé positif au Covid-19. L’évènement reste donc très rare.

Ces quelques cas de contagion ne remettent donc pas en question les recommandations déjà formulées. L’American Veterinary Medical Association, l’OIE et le CDC sont sans équivoque. Tous s’accordent à dire qu’à l’heure actuelle, il n’y a aucune preuve que les animaux de compagnie tels que les chats et les chiens peuvent transmettre COVID-19 à d’autres animaux, y compris les humains. Bien que le virus provienne d’un animal sauvage, rien ne permet d’affirmer que les animaux domestiques sont des porteurs actifs du coronavirus SARS-CoV-2.

Mais si la pandémie de Covid19 ne concerne pas particulièrement les animaux domestiques, les coronavirus sont depuis plus de 20 ans une préoccupation principalement vétérinaire – en particulier chez les chats.

En effet, les chats sont systématiquement vaccinés contre un coronavirus spécifique à l’espèce. Présent dans presque toutes les communautés de chats (chatteries, abris, éleveurs), le virus félin FCoV est excrété par plus de 60% d’entre eux qui vivent en groupe. Généralement entérique et à faible impact clinique, l’infection se développe dans 1% des cas en péritonite infectieuse féline ou PIF, presque toujours mortelle.

Le covid19 est d’origine zoonotique, mais cela n’implique pas nécessairement un retour dans la population animale.

La PIF survient lorsque le virus mute au sein de l’individu et trouve un moyen d’échapper au système immunitaire normal. Bien qu’il ne soit plus transmissible à ce stade, le virus provoque alors des symptômes assez graves. On estime qu’il est responsable de la mort de 1,4% des chats dans le monde et est particulièrement difficile à contrôler et à diagnostiquer. Comme pour COVID-19, en l’absence d’un vaccin efficace, le seul espoir thérapeutique réside dans les antiviraux.

Les vétérinaires ont testé avec succès l’innocuité et l’efficacité d’un traitement humain, le Remdesivir (GS-5734) et un analogue nucléosidique plus puissant (GS-441524). Ces antiviraux cibles des étapes spécifiques de la réplication du virus à ARN et sont capables de guérir la PIF. Développé à l’origine pour lutter contre Ebola et le SRAS, un autre coronavirus, Remdesivir est l’un des traitements les plus prometteurs pour lutter contre les virus émergents chez l’homme, dont Covid19. Des études animales sont déjà en cours. On croise les doigts.

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