2015-2020 : la Fédération des vétérinaires d’Europe dévoile sa stratégie sur cinq ans

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La profession vétérinaire européenne, forte de 243 000 confrères et consœurs, exerce à 48 % en animaux de compagnie, 18 % en productions animales, 16 % en santé publique et 18 % dans les autres secteurs (recherche, industrie, enseignement, etc.). La FVE, qui la représente, vient de publier ses objectifs pour les cinq prochaines années. Les nouveaux défis à relever, au nombre de cinq, visent à faire progresser la profession, à promouvoir le rôle vital des vétérinaires, à défendre leurs intérêts, à étendre leur réseau, et à renforcer la voix de leur fédération. Face à ce programme chargé, le plus difficile est à venir : il s’agit maintenant d’en faire une réalité.

 

Le portrait de la profession en Europe, brossé lors de la vaste enquête* menée par la FVE auprès de 13 000 vétérinaires dans 24 pays européens, a permis d’établir que la plupart (60 %) ont opté pour la pratique dans le privé, tandis qu’ils sont moins de 20 % dans les services publics. À 75 %, leur revenu est généré par les 157 millions d’animaux de compagnie recensés dans l’Union.
Pour atteindre les objectifs des cinq prochaines années, 83 % des vétérinaires interrogés estiment qu’ils devront se spécialiser davantage, 80 % pensent qu’ils ont besoin d’une formation plus poussée en gestion d’entreprise, 49 % considèrent que la législation devrait être renforcée.

 

Objectif n° 1 : fortifier la profession

Pour renforcer la position des vétérinaires, et la qualité des services qu’ils fournissent, trois voies sont retenues :

  • communiquer sur le professionnalisme des vétérinaires, afin que le public comprenne qu’ils font partie d’une profession réglementée où chacun est responsable de son comportement professionnel ;
  • encourager l’utilisation responsable des antibiotiques, en mettant en exergue le rôle des vétérinaires dans le contrôle de l’utilisation de ces médicaments ;
  • promouvoir une formation vétérinaire de haute qualité, fondée sur la science, et cela à tous les stades de la carrière.

 

Objectif n° 2 : promouvoir sa position

commission européenneSouvent sous-estimé, le rôle des vétérinaires est pourtant crucial pour la société, l’économie et l’environnement. Plusieurs moyens pour sécuriser et soutenir ce rôle sont envisagés :

  • accroître la compréhension du public concernant les différents rôles joués par les vétérinaires en matière de santé animale, de santé publique et de bien-être animal ;
  • promouvoir le concept “One Health” en montrant comment, en prenant soin de la santé des animaux, les vétérinaires s’occupent aussi de celle de l’homme ;
  • prendre davantage en compte la santé et le bien-être des animaux domestiques ou de compagnie, car si 60 % des vétérinaires soignent des chiens et des chats, la plupart des règlements de l’Union, et beaucoup de dossiers traités par la FVE, concernent les animaux de rente ;
  • défendre la légitimité des vétérinaires, par exemple dans le domaine de l’hygiène alimentaire qui, dans certains pays, est de plus en plus confiée à des techniciens moins spécialisés ;
  • explorer de nouvelles opportunités dans des secteurs tels que l’aquaculture, le bien-être animal et les nouvelles sources de protéines animales ;
  • promouvoir les nombreuses carrières au sein de la profession, afin de faire prendre conscience aux étudiants de la diversité des rôles et des possibilités d’emploi ;
  • encourager le leadership vétérinaire, en prenant la tête des débats sur les questions sociétales dans chaque pays et en faisant connaître le point de vue et les solutions de la profession.

 

Objectif n° 3 : étendre son réseau

Les vétérinaires travaillent fréquemment avec d’autres professions et secteurs, mais il est essentiel qu’ils s’engagent et collaborent davantage avec les autres groupes (organismes de santé publique et de sécurité alimentaire, agriculteurs, sociétés pharmaceutiques, gouvernements et ONG) sur les enjeux importants. Pour élargir le réseau et conclure des alliances multidisciplinaires solides, il leur faudra :

  • faire la preuve du leadership vétérinaire ;
  • rester fidèles aux principes, vision et missions vétérinaires.

 

Objectif n° 4 : défendre ses intérêts

Parler au nom des vétérinaires et veiller à leurs intérêts, faire en sorte qu’ils soient satisfaits, valorisés et récompensés dans leurs pratiques nécessite de travailler plus efficacement avec les organisations membres et de les rapprocher, ce qui implique :

  • de mieux aligner la promotion des intérêts de la profession sur le plan européen, mais aussi national ;
  • d’établir des relations plus étroites avec le Parlement et le conseil des ministres européens ;
  • de miser davantage sur le pouvoir des membres de la FVE.

 

Objectif n° 5 : renforcer son lobbying

Une FVE plus forte exige de ses membres qu’ils s’impliquent au maximum de leur potentiel, afin de peser sur les questions qui sont importantes dans leurs pays respectifs. Pour édifier une organisation plus stable, influente et efficace, il faut :

  • agir avec le meilleur impact possible par rapport aux ressources à disposition, en restant réaliste sur le but à atteindre et sans doublon avec les efforts déployés part d’autres organisations ;
  • améliorer la manière de travailler sur les questions communes, sans duplication d’efforts, en utilisant toutes les ressources disponibles ;
  • renforcer la communication interne, via l’extension du réseau de traducteurs et la recherche de nouvelles façons de communiquer avec les membres.

 

En tête de tous ces objectifs à cinq ans, le règlement sur les maladies animales transmissibles devrait rendre la législation européenne plus cohérente et fixer des exigences minimales. Les éleveurs et autres propriétaires d’animaux seront tenus d’appliquer les principes des bonnes pratiques d’élevage et de l’utilisation responsable des médicaments vétérinaires. Les professionnels devront être enregistrés, et la Commission pourra demander aux États membres de mettre en place une base de données électronique des chiens et des autres animaux de compagnie. Après des années de négociations, la version finale de cette loi sur la santé animale devrait être adoptée à l’automne prochain.

 

* FVE Survey of the veterinary profession in Europe, avril 2015, http://www.fve.org/news/download/FVE%20Survey%20_contents_tforce_ex_summary.pdf

 

 

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