Zoothérapie: les chiens thérapeutes interviennent désormais en soins intensifs

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La présence de chiens de thérapie dans les unités de soins intensifs peut surprendre, et pourtant ils contribuent à soulager la douleur physique et émotionnelle des patients, et favorisent leur rétablissement dans un environnement plus “humanisé”. C’est en tout cas ce qu’ont observé des cliniciens de l’hôpital Johns Hopkins aux États-Unis, qui ont testé la méthode au sein de leur service. Selon eux, les bénéfices de cette présence animale en réanimation sont bien réels, même si des évaluations complémentaires sont nécessaires. Un exemple d’intervention non pharmacologique qui ne demande qu’à être reproduit ailleurs avec succès, en accord avec le programme de gestion des risques préconisé.

 

Tous les chiens impliqués dans les protocoles de zoothérapie à Johns Hopkins sont formés et enregistrés dans le cadre du programme Pet Partners.De la pédiatrie à la gériatrie, les chiens thérapeutes sont depuis longtemps les bienvenus dans de nombreux hôpitaux, dans le cadre des interventions assistées par l’animal (IAA). Mais leur présence auprès des personnes hospitalisées au sein des unités de soins intensifs est inédite. Une équipe médicale américaine a voulu savoir si ces patients pourraient aussi bénéficier d’un programme similaire, en adaptant le protocole en vigueur au sein de l’hôpital Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) pour faire intervenir les chiens thérapeutes en toute sécurité.

Selon l’équipe multidisciplinaire, la zoothérapie est un excellent exemple d’intervention non médicamenteuse susceptible d’aider les personnes qui souffrent d’une grave affection ou ont été opérées à devenir actives et à s’engager dans la voie de leur propre rétablissement, et cela le plus tôt possible, avant même de quitter leur lit d’hôpital. Dans ce contexte, le chien est l’outil de cette motivation retrouvée. Parfois, le seul fait de faire asseoir un chien sur les genoux d’un patient suffit à améliorer son moral et à réduire la douleur.

Tous les chiens impliqués dans les protocoles de zoothérapie à Johns Hopkins sont formés et enregistrés dans le cadre du programme Pet Partners. Pour recevoir des visites, les patients doivent être éveillés et suffisamment alertes pour interagir calmement avec un chien, ne pas être à haut risque d’infection, et en exprimer le désir. En 2017, dix personnes hospitalisées en soins intensifs ont ainsi reçu la visite d’un chien de thérapie pendant 20 à 30 minutes. Dans certains cas, ces visites de zoothérapie étaient associées à la présence d’un physiothérapeute ou d’un ergothérapeute, combinant la réadaptation physique à l’intervention du chien, afin d’atteindre plus rapidement des objectifs fonctionnels précis.

Dans un éditorial paru dans la revue Critical Care, les cliniciens américains partagent les conclusions de leurs propres expériences, fondées sur celles d’études publiées précédemment. Ainsi, pour améliorer l’état physique et psychologique des patients en soins intensifs, ils préconisent de diminuer l’administration de médicaments et de miser davantage sur les interventions non pharmaceutiques, comme la thérapie assistée par les animaux, la musicothérapie, la relaxation, etc.

Les patients en réanimation sont souvent branchés à toute une gamme d’appareils qui les “déshumanisent” et les démoralisent. Ceux placés sous sédatifs et alités, outre une faiblesse musculaire, sont exposés à des troubles comme de la confusion, de l’anxiété, du stress post-traumatique, etc. Des études montrent que jusqu’à 80 % des patients en soins intensifs souffrent de délirium ou d’inattention, de désorientation, de confusion, voire d’hallucinations pendant leur séjour. Il est prouvé que le risque de développer ces troubles diminue chez les patients qui sont plus actifs et qui reçoivent moins de médicaments.

L’équipe de Johns Hopkins prévoit de publier une évaluation plus détaillée de l’impact des visites de chiens thérapeutes aux patients en soins intensifs. En attendant, elle incite les autres hôpitaux à envisager et à essayer cette thérapie, en établissant des objectifs clairs et en s’associant à un programme certifié comme Pet Partners ou Assistance Dogs International. « La thérapie assistée par les animaux est un bon outil, parmi d’autres, pour traiter l’esprit aussi bien que le corps. »

 

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