Trafic d’espèces sauvages menacées : médicaments, ivoire et corail en tête des saisies douanières en Europe

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Bruxelles passe en revue les principales saisies d’espèces de faune et de flore menacées d’extinction signalées par les États membres de l’Union européenne sur une période d’un an, de janvier à décembre 2016. Cet état des lieux porte essentiellement sur les saisies de spécimens, parties ou produits dérivés d’animaux ou de plantes effectuées par les Douanes aux frontières extérieures de l’Union (aéroports, ports, frontières terrestres et centres postaux). Les médicaments d’origine végétale ou animale arrivent en tête des produits saisis, devant l’ivoire et les coraux. Les reptiles, vivants ou morts, payent un lourd tribut au trafic d’espèces animales protégées par la Cites, loin devant les mammifères.

 

Au total, 2 268 saisies importantes (3 190 en 2015) ont été déclarées à la Commission européenne par 22 États membres de l’Union en 2016. Parmi eux, 18 pays* (dont la France) ont opéré 1 430 saisies douanières liées au trafic international (frontières extérieures de l’Union, implication de pays tiers). En outre, 16 pays** (dont la France) ont notifié 838 saisies effectuées à l’intérieur du territoire de l’Union (dans les foires, sur les marchés, lors de spectacles, chez des particuliers, etc.).

Les Pays-Bas, l’Autriche, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne et la France cumulent près de 94 % des saisies “internationales” en 2016. Les principales marchandises illégales interceptées aux frontières de l’Union sont, par ordre d’importance :

  • des médicaments (42 %, – 21 % versus 2015), y compris des suppléments alimentaires et des parties ou produits à usage médical dérivés de plantes ou d’animaux (ours, hippocampe, félins, crocodile), représentant plus de 109 878 unités et un volume additionnel de 2 010 kg ;
  • de l’ivoire (14 %, + 3 %), avec 1 440 pièces et environ 1 080 kg ;
  • des coraux (10 %, + 5 %), soit 1 568 spécimens et environ 137 kg ;
  • des corps, parties et produits dérivés de reptiles (8 %, + 4 %), soit 2 536 spécimens (288 en 2015) et environ 1 063 kg (92 kg en 2015) ;
  • des corps, parties et produits dérivés de mammifères (7 %, + 2 %), soit 350 spécimens et environ 26 kg ;
  • des reptiles vivants (5 %, + 2 %), avec 1 513 spécimens ;
  • du caviar d’esturgeon (4 %, + 2 %), soit 109 072 produits, principalement cosmétiques, plus 43 kg environ ;
  • des parties et produits dérivés de plantes (2 %), soit 22 585 spécimens et environ 87 kg ;
  • des parties et produits dérivés d’invertébrés (2 %, + 1 %) ;
  • des oiseaux vivants (2 %, + 1 %) ;
  • des parties et produits dérivés d’oiseaux (1 %) ;
  • des plantes vivantes (1 %, – 1 %).

 

La Chine principal leader du trafic

Sur la base du nombre de saisies par provenance, cinq pays sont identifiés comme les principaux points de départ du commerce illégal des espèces sauvages menacées :

  • la Chine pour les produits confisqués lors de 237 saisies, en majorité des médicaments ;
  • les États-Unis pour les marchandises interceptées au cours de 213 saisies, dont 85 % de médicaments à base de plantes ;
  • le Royaume-Uni, qui a signalé 147 saisies à l’exportation, 88 % impliquant des pièces sculptées en ivoire d’éléphant africain (la plupart détectées dans des colis postaux) ;
  • la Suisse pour les produits interceptés au cours de 98 saisies, dont 87 % de médicaments à base de plantes (98 % saisis dans des centres postaux) ;
  • le Thaïlande dans le cadre de 53 saisies, dont 47 % de médicaments principalement d’origine animale (hippocampe).

 

Côté demande, la Chine est aussi la principale destination des marchandises saisies. Sur les 170 saisies de produits en route vers des pays tiers, 120 avaient pour destination la Chine, Hong Kong et Taiwan. Et environ 54 % de ces saisies concernaient de l’ivoire d’éléphant, principalement intercepté dans des États membres (Royaume-Uni, Allemagne) ou en transit dans l’Union en provenance d’Afrique (Nigeria, Bénin, Guinée équatoriale, Guinée, Mozambique, Sierra Leone, Afrique du Sud). Taiwan est en outre une destination importante pour les perroquets, tels que l’amazone à front jaune et l’amazone à tête jaune. Au total, 75 perroquets vivants ont été saisis en 2016, tous réexportés des Pays-Bas.

Deux pays sont également des destinations importantes pour plusieurs produits : les États-Unis pour les reptiles vivants et les amphibiens (grenouilles, geckos), les corps de mammifères, les parties et les produits dérivés de primates et de félins (ocelot, lynx), et le Viet Nam pour l’ivoire d’éléphant d’Afrique, brut et travaillé.

 

Un trafic au cœur même de l’Union européenne

En 2016, sur les 838 saisies internes à l’Union signalées par 16 États membres, 85 % ont eu lieu en France, en Espagne et aux Pays-Bas. Les principaux types de produits saisis sont des reptiles vivants (906 spécimens, dont 710 tortues), des oiseaux vivants (345 spécimens, dont 72 % de perroquets) et des plantes, suivis par des mammifères (182 corps, parties et produits dérivés d’hippopotame, de félins, de primates, de canidés). L’exportation illégale d’anguilles d’Europe, destinées à l’Asie (surtout Chine et Hong Kong), a perduré également : l’Espagne a saisi quelque 234 kg d’anguilles vivantes à l’aéroport de Madrid, introduites en contrebande dans des sacs en plastique cachés dans des valises. Enfin, deux importantes saisies d’ivoire ont eu lieu en 2016 : un total de 90 défenses d’éléphant d’Afrique en Autriche, et 625 kg d’ivoire brut et travaillé en Allemagne destiné au Viet Nam.

 

* Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Chypre, République tchèque, France, Allemagne, Grèce, Irlande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovénie, Espagne et Royaume-Uni.

** Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Estonie, France, Allemagne, Italie, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Roumanie, Espagne, Suède, Slovaquie et Royaume-Uni.

 

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