Santé équine : un logiciel pour détecter l’expression de la douleur chez le cheval

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L’école vétérinaire de l’université de Californie (UC Davis) a mis au point un programme de surveillance de l’état de santé des chevaux qui, à l’aide d’un logiciel informatique, permet de décrypter les expressions faciales de douleur. Les observations cliniques obtenues sont destinées à aider les vétérinaires, les étudiants, les techniciens et les propriétaires à mieux détecter les signes de douleur exprimés par les chevaux, en lien avec leur condition. Cette analyse informatique vise ainsi à informer objectivement sur le ressenti douloureux pour mieux traiter l’affection sous-jacente.

 

Comme l’homme, les chevaux présentent des expressions faciales involontaires qui traduisent leur niveau de stress, de peur et de douleur. Un léger changement dans la forme de l’œil, de la bouche ou du nez peut ainsi signifier que l’animal souffre. L’UC Davis s’est associée à une équipe de vétérinaires scandinaves pour rechercher un moyen de reconnaître objectivement ces subtiles modifications, afin de mieux cerner la façon dont les chevaux expriment physiquement la douleur, notamment en cas d’affection chronique.

L’équipe a créé un logiciel qui, à l’aide de centaines de vidéos et de photographies, repère des points clés sur la tête des chevaux (yeux, nez, bouche), différents selon l’âge et la posture, afin de cartographier les traits équins et de capturer les caractéristiques de chaque expression de douleur. Les paramètres obtenus ont été stockés dans un ordinateur, désormais prêt à “apprendre” comment lire les signes inconscients de douleur, mais aussi de stress, de peur, d’ennui et d’anxiété chez les chevaux. Il s’agit là d’une première étape, davantage de données devront être analysées pour balayer toutes les expressions possibles, et multiplier les informations recueillies selon le contexte.

Cette informatisation des observations cliniques ne vise toutefois pas à se substituer à l’expérience du vétérinaire dans l’établissement d’un diagnostic. Il s’agit plutôt d’un outil technique destiné à optimiser l’examen clinique effectué par le praticien, et non à le remplacer. Cependant, combinée à son œil exercé, la vidéo peut capter des expressions tellement subtiles qu’elles peuvent passer inaperçues. En l’absence de signe évident de douleur, cette procédure non invasive a notamment permis de révéler des problèmes de santé insoupçonnés ou plus sévères. Ainsi, la combinaison entre technologie et expérience devrait bénéficier aux vétérinaires équins, en les aidant à traiter plus précocement. À terme, ce programme informatique de détection de la douleur pourrait être un outil fort utile à utiliser en clinique, pour accroître l’efficacité de la pratique équine. Les informations fournies devraient permettre d’éclairer le choix des examens à réaliser et des médicaments à prescrire, d’adapter la fréquence d’administration et de mieux gérer les soins.

Il est d’ores et déjà envisagé de décliner le concept et de mettre au point des programmes qui aideront à identifier aussi la peur, la nervosité ou le stress chez le cheval. En outre, des systèmes similaires de numérisation seront développés pour les vétérinaires qui traitent les animaux de compagnie, mais aussi les primates, les animaux de rente, etc. Ainsi, l’étude de la douleur bénéficie désormais du rapprochement entre la technologie d’avant-garde et la médecine vétérinaire.

 

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