Recherche équine : la conservation des races d’ânes sauvages et domestiques en bonne voie

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Des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) sont parvenus à développer une technique inédite de collecte d’ovocytes d’ânesses in vivo*, par ponction folliculaire sous échographie, qui peut désormais être utilisée en routine. La chronologie de la maturation in vitro de ces ovocytes a également été étudiée. Ces avancées devraient permettre la conservation du patrimoine génétique des races d’ânes en voie d’extinction dans le monde.

 

âne baudet du poitouL’Inra a mis au point, pour la première fois, une technique de collecte d’ovocytes sur des ânesses vivantes, via une ponction folliculaire transvaginale menée sous échographie. Au total, 92 ovocytes ont été collectés au cours de 22 ponctions. Dans une seconde étape, les chercheurs ont adapté une technique de maturation in vitro d’ovocytes de juments afin d’étudier la chronologie de la maturation des ovocytes d’ânesses. 44 % d’ovocytes d’ânesses matures ont pu être obtenus après 34 heures de culture.

Les recherches de l’Inra ont été menées en partenariat avec l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE)**, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’université François-Rabelais de Tours, dans le cadre du programme ”Investissements d’avenir”. Des travaux complémentaires sont en cours pour mettre au point une technique de fécondation in vitro destinée à produire des embryons aptes à la congélation ou au transfert embryonnaire chez une femelle receveuse.

Il était urgent d’agir. En effet, la plupart des races asines sauvages sont en voie d’extinction, comme les ânes sauvages d’Asie (Equus hemionus) ou d’Afrique (Equus asinus africanus) inscrits sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De même, de nombreuses races d’ânes domestiques sont menacées dans le monde. En France, sur les sept races asines représentées, cinq sont en voie de disparition car elles comptent moins d’une centaine de femelles reproductrices (23 ânesses bourbonnaises, 34 ânesses grand noir du Berry, 40 ânesses normandes, 43 ânesses de Provence, 88 ânesses du Cotentin) et deux sont en danger d’extinction avec moins de 300 femelles à la reproduction (136 ânesses des Pyrénées, 296 baudets du Poitou), selon les données 2015 de l’IFCE.

La sauvegarde de ce patrimoine génétique passe notamment par la cryoconservation des ovocytes, qui nécessite d’être collectés in vivo. La collecte des embryons, qui requiert une production en grand nombre à partir de quelques femelles, n’est pas envisageable in vivo car les ânesses ne produisent qu’un embryon par cycle de 26 jours. Une telle production est possible in vitro, mais exige alors de collecter des ovocytes chez des femelles vivantes. Pour l’Inra, cette collecte constitue donc une étape incontournable pour la conservation du patrimoine femelle.

 

* Travaux publiés dans Theriogenology, International Journal of Animal Reproduction.

** L’Inra et l’IFCE coorganise en outre la 42e journée de la recherche équine qui a lieu aujourd’hui, 17 mars, à Paris. Cette année, elle a pour thème le bien-être des équidés. Cet événement vise à favoriser le transfert des avancées de la recherche auprès des acteurs socio-professionnels de la filière équine.

 

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