Microbiome et alimentation : une proximité homme-chien jusque dans les intestins

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Une étude publiée dans Microbiome montre que la proximité du chien et de l’homme dépasse les relations sociales et se retrouve également dans la composition des populations de bactéries intestinales. Alors que nombre d’études montrent les implications de ces microbes sur notre santé (immunité, maladie inflammatoire chronique de l’intestin, cancer, obésité, cerveau, etc.), le rapprochement chez ces deux espèces pourrait avoir des conséquences pour chacune d’elle.

 

La première conclusion de cette nouvelle étude est que les micro-organismes présents dans les intestins des chiens sont plus proches de ceux retrouvés chez l’homme que de ceux du porc ou de la souris (63 % des microbiotes canins peuvent être cartographiés chez l’homme, au lieu de seulement 33 % chez le porc et 20 % chez la souris). Cela est d’autant plus surprenant que le système immunitaire le plus proche de celui de l’homme, sous l’influence du microbiome intestinal, serait celui du porc, animal omnivore. Première conséquence : le chien devient alors un modèle de choix dans l’étude de la nutrition humaine, ce que ne prend pas en compte la recherche actuellement. Toutefois, les deux flores, si elles sont similaires, présentent des souches différentes et spécifiques à chaque hôte.

En second lieu, cette étude montre que le microbiome canin est lui aussi fortement influencé dans sa constitution par le régime alimentaire. Pour cela, 32 chiens de race beagle et 32 chiens de race labrador retriever ont été classés selon leur poids (normal à obèse). Au bout de quatre semaines d’un régime identique, deux nouveaux groupes ont été créés au hasard, l’un soumis à un régime riche en protéines et faible en glucides, l’autre à un régime pauvre en protéines et riche en glucides.

Après quatre nouvelles semaines, les scientifiques ont dressé un inventaire des microbiotes intestinaux. Il apparaît que les chiens à la charge pondérale normale, voire inférieure, n’ont pas connu de modification de leur microbiome entre les deux périodes de quatre semaines. En revanche, il en est différemment pour les chiens en surpoids, indépendamment de la race et du sexe des animaux. Ces modifications bactériennes permettent ainsi de comparer une flore liée à un sujet en bonne santé d’un autre en déséquilibre biologique dû à une mauvaise alimentation.

Reste à comprendre comment une relation aussi longue dans l’histoire de la domestication a abouti à un microbiome aussi similaire chez des espèces avec pourtant quelques différences majeures dans la fonction alimentaire. Pour l’heure, le modèle canin semble le plus prédictif de ce que l’on pourrait observer du microbiome humain.

 

 

 

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