Maladie du vieillissement : la démence chez le chien et le chat mieux reconnue et diagnostiquée

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La démence n’est plus une maladie rare chez les chiens et chats vieillissants, alerte Meghan Herron, professeure au College of Veterinary Medicine de l’université de l’Ohio (Etats-Unis). Sa prévalence reste pourtant sous-évaluée car les propriétaires considèrent souvent les troubles observés comme normaux chez un animal âgé. Connu cliniquement sous le nom de syndrome confusionnel du chien ou du chat, il s’agit pourtant bien d’une maladie. Et si elle progresse, c’est en partie lié à l’amélioration de l’alimentation et de la médecine vétérinaire, qui ont permis d’augmenter l’espérance de vie en bonne condition physique des animaux de compagnie, jusqu’à dépasser la longévité de leurs facultés mentales.

 

La démence n’affecte pas que l’homme, les chiens et les chats aussi sont touchés par cette maladie. Les troubles cognitifs observés, longtemps considérés comme liés au processus naturel du vieillissement, sont devenus plus largement reconnus comme pathogènes chez l’animal. Les symptômes du syndrome confusionnel du chien ou du chat, proches de ceux rencontrés chez l’homme atteint de démence, sont désormais mieux diagnostiqués par les vétérinaires, qui doivent d’abord écarter d’autres maladies possibles, comme l’hypothyroïdie, le cancer, le diabète, le syndrome de Cushing, etc. Le diagnostic de certitude passe par des examens clinique, biologique et d’imagerie approfondis.

Comme les chiens et les chats vivent plus longtemps, la prévalence de la démence augmente. Dans une étude réalisée en 2001 par l’école de médecine vétérinaire de l’université de Californie à Davis, 28 % des chiens âgés de 11 à 12 ans et 68 % des chiens âgés de 15 à 16 ans présentaient un ou plusieurs troubles cognitifs. De même, une étude menée en 2010 montre que 28 % des chats âgés de 11 à 14 ans et 50 % de ceux âgés de 15 ans et plus présentaient au moins un symptôme compatible avec un dysfonctionnement cognitif.

La démence se manifeste chez l’animal de la même manière que la maladie d’Alzheimer chez l’homme. Les chiens et les chats atteints de syndrome confusionnel présentent des symptômes tels que de la désorientation, des troubles de la mémoire et du sommeil, de l’incontinence et de l’anxiété. Par exemple, les chiens atteints oublient certains apprentissages, cessent de faire la fête à leur propriétaire, confondent une porte de placard avec celle qui donne accès à l’extérieur, restent coincés derrière un meuble, deviennent craintifs ou agressifs, se désintéressent des promenades, etc.

Les vétérinaires du College of Veterinary Medicine de l’État de l’Ohio diagnostiquent la démence chez un chien ou un chat si au moins l’un des symptômes suivants est rapporté par le propriétaire :

  • Désorientation spatiale : l’animal perd ses repères familiers et sa capacité à s’orienter dans la maison ou à l’extérieur.
  • Perte des interactions sociales : l’animal montre une perte d’intérêt pour ses propriétaires ou pour ses congénères, ne recherche plus les caresses, les contacts.
  • Altération du cycle veille-sommeil : de l’agitation ou des périodes d’activité la nuit, ou à l’inverse un sommeil prolongé durant la journée, sont constatés.
  • Malpropreté : l’animal devient incontinent ou ne demande plus à sortir, diminue les séances de toilettage.
  • Baisse d’activité : l’animal perd l’appétit, ne répond plus aux ordres ou aux stimuli, montre une anxiété accrue et des comportements stéréotypés.

 

Si aucune guérison n’est possible, certains traitements permettent souvent une rémission de plusieurs mois. Comme chez l’homme, ils visent à maintenir un niveau acceptable de qualité de vie et à ralentir la progression de la maladie. Des solutions telles qu’un changement de régime alimentaire, une ration supplémentée en nutriments stimulants, des médicaments psychoactifs, voire une thérapie comportementale, peuvent être associées à un enrichissement de l’environnement sous la forme d’exercices, de nouveaux jouets et de jeux destinés à stimuler les fonctions cérébrales de l’animal âgé. Des aliments pour chiens ou des compléments alimentaires riches en oméga-3 et en antioxydants ont notamment prouvé leur utilité pour lutter contre les changements de comportement liés à l’âge. Les propriétaires doivent en outre veiller à préserver l’environnement familier de leur animal, par exemple en s’abstenant de déplacer les meubles ou l’emplacement de la gamelle et du couchage, et à ne pas le réprimander.

Au final, si le pronostic reste réservé, tous ces traitements affichent une bonne efficacité pour faire régresser les troubles comportementaux existants, retarder l’apparition de nouveaux symptômes et améliorer la qualité de vie d’un chien ou d’un chat atteint de démence pendant un an ou deux, avant d’envisager l’euthanasie.

 

 

 

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