Maladie de Lyme : le tamia de Sibérie aurait une influence sur l’infection des tiques

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Des chercheurs de l’Institut Pasteur se sont intéressés à l’infection des tiques par un rongeur, le tamia de Sibérie, suspecté d’être un réservoir pour la bactérie Borrelia burgdorferi à l’origine de la maladie. Cet animal de compagnie en vogue dans les années 1970, souvent abandonné par ses propriétaires, prolifère depuis dans certaines forêts de la région parisienne, comme celle de Sénart. Les travaux ont permis de vérifier que ces rongeurs étaient effectivement responsables d’une augmentation du taux d’infection des nymphes.

 

La borréliose ou maladie de Lyme, due à la bactérie Borrelia burgdorferi, est transmise à l’homme via la piqûre d’une tique hématophage du genre Ixodes ricinus. Cette zoonose vectorielle est très répandue dans l’Hémisphère nord. En France, environ 30 % des tiques sont infectées. Outre l’homme, qui n’est qu’un hôte accidentel, les tiques parasitent des petits mammifères, des oiseaux et des reptiles. Le tamia de Sibérie (Tamias sibiricus) figure parmi les petits mammifères réservoirs de Borrelia. Introduit dans l’Hexagone il y a 40 ans, il a progressivement envahi la forêt de Sénart, située à cheval sur la Seine-et-Marne et l’Essonne, surtout dans sa partie ouest.

Les chercheurs de l’Institut Pasteur ont évalué l’évolution de l’infection des tiques par les différentes espèces de bactéries Borrelia. Pour cela, ils ont exploré les facteurs éco-épidémiologiques de la maladie de Lyme dans trois forêts d’Île-de-France (Sénart, Notre-Dame et Rambouillet). L’étude a été menée sur trois années, en 2008, 2009 et 2011. L’objectif était de déterminer les conséquences de la prolifération du tamia sur le risque de transmission de la maladie de Lyme à l’homme. Elle fournit en outre des informations sur la distribution spatio-temporelle et l’infection des tiques collectées dans les forêts périurbaines.

La forêt de Sénart a été étudiée dans sa globalité afin d’observer d’éventuelles différences au niveau des taux d’infection des tiques entre l’ouest (forte présence du tamia) et l’est (quasi absence du rongeur) de cette zone. La densité des nymphes a également été mesurée, car en raison de leur petite taille, elles passent inaperçues mais sont un vecteur essentiel de la maladie. Or les chercheurs ont constaté que là où il y a des tamias, le taux d’infection des nymphes est plus élevé. Ainsi, ces rongeurs infectent bien les nymphes.

Les résultats de l’étude en forêt de Sénart ont été comparés à ceux obtenus pour les tiques collectées en 2009 dans les deux autres forêts (Rambouillet et Notre-Dame) qui n’ont pas été colonisées par les tamias. L’étude suggère que cette espèce peut être impliquée dans le taux d’infection des tiques par Borrelia. Si la population de tamias continue d’augmenter, colonisant la partie est de la forêt où les nymphes sont nombreuses, cette espèce jouera un rôle important dans la transmission de la bactérie pathogène.

Toutefois, la densité des nymphes infectées varie selon les années. Quand les températures chutent, l’absence de fruits sur les arbres de la forêt influe sur les populations d’animaux réservoirs, qui diminuent en conséquence. Néanmoins, le risque identifié existe, et dans n’importe quelle forêt. La surveillance de la maladie se poursuit donc, notamment au niveau national, via le centre de référence des Borrelia implanté à Strasbourg. Parallèlement à l’estimation de l’incidence chez l’homme, l’étude des populations de tiques et de leur taux d’infection permet d’évaluer le risque de transmission de la borréliose dans une région donnée. C’est le but des travaux menés par l’Institut Pasteur.

 

 

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