Influenza A : les chevaux asiatiques échappent aux épizooties de grippe

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En Mongolie, les chevaux sont particulièrement exposés aux virus de la grippe aviaire qui circulent chez les oiseaux sauvages. Pourtant, en Asie centrale, l’influenza A ne provoque pas d’épizootie de grippe équine, car les virus n’ont pas acquis les mutations génétiques nécessaires à une transmissibilité interespèces efficace, selon une étude de l’université de Glasgow. Les auteurs ont cherché à déterminer les causes de ces blocages de l’infection entre espèces à l’aide des virus de la grippe aviaire et équine pour mieux comprendre les mécanismes d’adaptation virale qui sous-tendent l’émergence de la maladie chez les mammifères.

 

Les maladies virales émergentes constituent une menace constante pour l’homme et les animaux. Parfois, certains virus s’installent chez de nouveaux hôtes, souvent avec des conséquences dévastatrices. On ignore ce qui permet à un virus d’infecter et de se propager au sein d’une nouvelle espèce cible, mais l’écologie et l’évolution virales jouent un rôle important dans ce processus. Une étude a cherché à savoir pourquoi aucune flambée épizootique, causée par des virus de la grippe d’origine aviaire, n’a touché les chevaux d’Asie centrale au cours des 25 dernières années.

Les virus de l’influenza A constituent l’exemple par excellence des virus émergents : leur principal réservoir naturel est constitué d’oiseaux sauvages, mais ils sont également établis chez l’homme, le cheval, le porc, le phoque, le chien et les volailles. Pour mieux comprendre comment les virus de l’influenza A circulent dans la nature et les facteurs écologiques et évolutifs responsables de leur émergence, des chercheurs écossais ont séquencé plus de vingt virus de la grippe aviaire prélevés chez des oiseaux sauvages en Mongolie. Ce pays présente des caractéristiques écologiques favorables à l’émergence de la grippe équine : il compte une importante population de chevaux (environ 3,3 millions) et un nombre élevé d’oiseaux migrateurs et aquatiques. En combinant des analyses séroépidémiologiques, la phylogénétique et des infections expérimentales, les auteurs ont documenté, avec un niveau de détail sans précédent, les étapes qui précèdent l’apparition du foyer initial de la maladie lors de son émergence dans la nature.

Les résultats montrent que les virus de l’influenza aviaire sont génétiquement liés à un virus qui a provoqué une épizootie de grippe équine en Asie entre 1989 et 1990. Des infections expérimentales ont montré que la plupart des virus de l’influenza aviaire se répliquent dans les voies respiratoires du cheval sans provoquer de lésions tissulaires, ce qui explique l’absence d’épizootie. Ainsi, les chevaux mongols pourtant régulièrement exposés à ces virus grippaux, qui circulent au sein d’une vaste zone géographique, ne développent pas cliniquement la maladie.

Les résultats suggèrent également que les infections équines par des virus aviaires capables de se répliquer chez les chevaux sont plus courantes qu’on ne le pensait initialement, et que l’incapacité des virus aviaires à acquérir les mutations génétiques requises pour s’adapter aux chevaux constitue le principal obstacle à l’émergence de la grippe. Selon les auteurs, la surveillance de cette maladie virale contagieuse devrait se concentrer sur l’existence de mutations adaptatives chez le cheval des virus grippaux dérivés d’oiseaux et la réalisation d’enquêtes sérologiques supplémentaires afin de déterminer les niveaux d’exposition chez les chevaux.

 

 

 

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