Influenza aviaire : les oiseaux infectés deviennent ensuite immunisés contre la maladie

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Chez les oiseaux, l’infection initiale par l’influenza A confère une bonne protection contre les infections ultérieures par d’autres sous-types du virus grippal, homologues ou hétérologues, à la façon d’une vaccination naturelle. Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que les oiseaux infectés par un sous-type de l’influenza A ne pouvaient pas bénéficier d’une immunité renforcée contre les autres sous-types. Cependant, dans une étude suédoise récente, des canards colverts infectés par un virus grippal faiblement pathogène ont acquis une immunité et une résistance importantes contre d’autres variantes du même virus. Au final, il apparaît que ces oiseaux développent des anticorps capables de les protéger lors de futures expositions au virus. Le niveau de cette résistance immunitaire dépend alors en partie des virus en cause et de leur similarité sur le plan génétique.

 

Les virus de l’influenza A infectent de nombreux hôtes, oiseaux et mammifères, mais alors que peu de sous-types circulent chez l’homme, ils sont bien plus variés et coexistent au sein des populations d’oiseaux sauvages, en particulier le gibier d’eau. Les oiseaux aquatiques, en particulier le canard colvert ou mallard, sont souvent porteurs du virus de l’influenza A faiblement pathogène. Or, selon les auteurs, les colverts infectés par un virus faiblement pathogène s’immunisent contre les variantes du même virus.

Dans l’étude menée par l’université de Lund, des colverts (Anas platyrhynchos) ont été infectés expérimentalement avec différents virus grippaux, dont le sous-type faiblement pathogène H3N8, et répartis en six groupes. Cinq semaines après cette infection initiale, chaque lot a été réinfecté avec un sous-type viral hétérologue (H4N5, H10N7, H6N2, H12N5) ou homologue (H3N8). En outre, deux des groupes préinfectés ont reçu un virus homologue au H3N8 (semaines 11 et 15 post-infection) pour évaluer la durée de la protection. Les résultats montrent que les colverts étaient encore résistants à la réinfection après 15 semaines. Une réduction significative de la charge virale a en outre été observée dans tous les groupes préinfectés par rapport aux témoins. L’étude montre ainsi que, après une infection, les colverts deviennent partiellement immunisés et résistants aux infections grippales auxquelles ils sont exposés par la suite. Leur degré de résistance dépend à la fois des virus impliqués et de leur proximité génétique.

Ainsi, pour protéger les oiseaux de futures infections, il est important de connaître les infections contractées précédemment. Les oiseaux infectés pourraient alors être partiellement protégés contre des souches d’influenza hautement pathogène, comme H5N1 ou H5N8, les plus souvent en cause lors de pandémie de grippe aviaire. Il y a guère plus de dix ans, le virus H5N1 s’était propagé dans le monde entier à partir de poulets infectés en Asie du Sud-Est, décimant les volailles domestiques et les populations d’oiseaux sauvages. Des cas humains, parfois mortels, avaient également été recensés.

Il est difficile d’expliquer pourquoi il existe davantage de sous-types d’influenza chez les oiseaux que chez l’homme et les autres mammifères. Une des explications pourrait être celle avancée dans l’étude : différents virus rivalisent les uns avec les autres tandis que les oiseaux développent une immunité et que la durée de l’infection se réduit. Le virus peut alors évoluer et subir des mutations. Reste à comprendre comment les différents virus et les sous-types d’un même virus interagissent, par exemple lorsqu’un individu est infecté plusieurs fois. D’autres études seront nécessaires pour, à terme, développer des vaccins plus efficaces.

 

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