Grippe équine : le virus influenza A se propage en France et dans les pays voisins

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Les cas de grippe équine se multiplient depuis plus d’un mois, en France mais aussi en Belgique, en Angleterre, en Irlande, en Allemagne et aux Pays-Bas. Le Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine (Respe) réitère son appel à la vigilance vis-à-vis de la maladie, hautement contagieuse, sur tout le territoire national. Pour le moment, la grippe s’est uniquement propagée au sein de parcs ou de centres équestres.

 

La grippe équine gagne du terrain en France, depuis le premier cas identifié à Paris, le 14 décembre 2018. Au 18 janvier 2019, le Respe comptabilisait dix foyers de la maladie, regroupés dans le quart nord-est du territoire français. Tous concernent des chevaux de sport et de loisirs, principalement hébergés dans des centres équestres, et le virus isolé est le même. Des mesures sanitaires de restriction et d’interdiction des mouvements d’équidés sont appliquées dans les zones touchées. En outre, un lien épidémiologique avec la Belgique a été mis en évidence pour six des foyers confirmés.

Hyperthermie, toux, jetage, tels sont les signes cliniques qui doivent donner l’alerte. Les chevaux atteints, de tous les âges, sont excréteurs du virus et le diffusent dans les écuries pendant environ trois semaines, via les sécrétions respiratoires. Des mesures sanitaires sont alors à mettre en œuvre rapidement pour les isoler et éviter tout contact avec leurs congénères. Les chevaux vaccinés qui ne présentent pas de symptômes peuvent néanmoins être porteurs du virus grippal, et sont donc également un vecteur de la maladie. Eux aussi sont concernés par les mesures de précaution à adopter d’urgence. Indirectement, le matériel de pansage ou de soin, ainsi que toutes les personnes en contact avec les chevaux peuvent aussi transmettre le virus.

Le virus grippal en cause est apparenté à celui qui a provoqué l’épizootie de 2009. Il s’agit d’une nouvelle souche, différente de celles qui ont circulé ces dernières années, en France et en Europe. Du coup, même des équidés vaccinés contre la grippe sont touchés. Toutefois, ils présentent des symptômes moins marqués, une excrétion du virus moins longue et ils récupèrent plus rapidement. Si elle n’est pas efficace à 100 %, la vaccination reste l’une des principales mesures de lutte contre l’extension de la maladie, limitant les symptômes et l’excrétion virale.

Dans les mois à venir, la reprise des manifestations équestres et de la saison de reproduction devrait accroître le risque de propagation de la grippe. Le Respe renouvelle donc son appel à la vigilance auprès des cavaliers et des propriétaires de chevaux engagés dans des épreuves ces prochaines semaines, mais aussi des organisateurs de concours, et incite à la mise en place de mesures sanitaires préventives (voir ci-dessous). Compte tenu des nombreux mouvements d’équidés et de la situation internationale, la vigilance doit s’appliquer à l’ensemble du territoire, selon le Respe, qui rappelle également que la déclaration de tous les cas suspectés est essentielle à une maîtrise rapide de la situation.

 

 

Mesures sanitaires de précaution vis-à-vis de la grippe équine

 

Lorsqu’un foyer se déclare dans un effectif d’équidés, la mise en œuvre de mesures sanitaires s’impose, afin de limiter les risques de propagation de la maladie à l’intérieur et à l’extérieur des écuries. De même, il convient de communiquer sur la situation, pour sensibiliser à une bonne gestion sanitaire du foyer et prévenir la diffusion de fausses informations.

Sur le terrain, deux catégories d’équidés représentent un risque avéré de contagion : les chevaux des foyers confirmés, vaccinés ou non, malades, présentant toux, jetage et hyperthermie ; et les chevaux vaccinés, ayant été en contact avec le virus, mais restés asymptomatiques.

 

Mesures à prendre dans les foyers confirmés (pendant 30 jours après l’observation du dernier symptôme de grippe)

  • Isoler les équidés positifs.
  • Stopper tous les mouvements de chevaux dans et hors de l’écurie.
  • Suivre la température des chevaux pendant la période d’incubation de la maladie (une semaine).
  • Désinfecter le matériel ou utiliser du matériel à usage unique, mettre en place des pédiluves devant les zones infectées.
  • Désinfecter les écuries et effectuer un vide sanitaire avant toute réintroduction d’un animal dans un bâtiment infecté.
  • Désinfecter les vans et les camions de transport.
  • Limiter le contact des chevaux infectés au seul personnel soignant.
  • Mettre en place un circuit de soins (chevaux sains d’abord, puis chevaux suspects et atteints), assuré si possible par un personnel différent, ou à défaut en changeant de tenue.
  • Mettre en place des prélèvements réguliers pour suivre l’excrétion du virus (et donc la contagiosité) au sein de l’effectif.

 

Mesures à prendre en cas de suspicion de grippe et de symptômes respiratoires

  • Isoler les chevaux suspects.
  • Limiter des mouvements dans et hors de l’écurie.
  • Mettre en quarantaine les chevaux en provenance des sites infectés ou suspects.
  • Suivre leur température pendant la semaine d’incubation.
  • Contacter un vétérinaire pour réaliser un examen clinique et procéder à des prélèvements (écouvillon nasopharyngé) pour la recherche du virus la grippal.

 

Mesures à prendre lors de rassemblements d’équidés

> Organisateurs

  • S’assurer de la bonne santé des chevaux qui arrivent sur les lieux du rassemblement, voire mettre en place un protocole sanitaire avec un vétérinaire.
  • S’assurer qu’aucun cheval provenant d’un foyer avéré ne sera présent.
  • Nettoyer et désinfecter les boxes avant, entre et après chaque mouvement de chevaux.
  • Mettre à disposition des points d’eau.
  • Communiquer et imposer, aux participants comme au public, des pratiques préventives pour limiter le contact direct et indirect entre chevaux, notamment via les mains, le matériel, les bottes, etc.
  • Annuler le rassemblement en cas de cheval malade ou suspect sur place.

 

> Cavaliers

  • Ne pas emmener de cheval suspect, malade, ou entré en contact avec un cheval malade ou suspect.
  • Ne pas se rendre à une manifestation située au sein d’un foyer confirmé.
  • Vérifier les dates des rappels vaccinaux et envisager avec le vétérinaire la nécessité de les renouveler, ou de mettre en place un protocole de vaccination pour les équidés non vaccinés.
  • S’assurer de la propreté des boxes (nettoyage et désinfection).
  • Utiliser exclusivement un matériel unique pour chaque cheval.
  • Utiliser un seau unique par cheval pour l’abreuvement sur le lieu du rassemblement, rempli directement au robinet (pas d’abreuvoir collectif).
  • Limiter au maximum les contacts avec d’autres chevaux, notamment issus d’autres effectifs.
  • Isoler les chevaux dès leur retour de compétition, surveiller leur état général et suivre leur température une dizaine de jours.
  • Nettoyer et désinfecter le matériel (y compris les vans et camions de transport).
  • Se désinfecter régulièrement les mains, ne pas toucher d’autres chevaux que les siens.
  • Empêcher le public de toucher les chevaux pour prévenir toute transmission indirecte.

 

Pour en savoir plus :

http://www.respe.net/system/files/20100609_N_Grippe-GP.pdf

 

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