Près des deux tiers des étudiants vétérinaires souffrent de stress sur les campus britanniques

Vetitude.fr | Le

Pour la septième fois depuis 1996, la British Veterinary Association (BVA) et l’Association of Veterinary Students (AVS) ont mené l’enquête* auprès des étudiants vétérinaires, lors de l’année académique 2015-2016. Au total, 1 556 étudiants du Royaume-Uni et d’Irlande ont répondu à des questions ciblées sur leurs études et leur santé mentale. Par rapport à l’enquête précédente, effectuée en 2012, l’incidence globale des troubles psychiques au sein de la population étudiante vétérinaire a légèrement régressé. Mais 83 % des élèves qui souffrent ou ont souffert de tels troubles (stress, dépression, etc.) attribuent directement leur anxiété aux exigences du cursus vétérinaire.

Au cours des quatre dernières années, la tendance à la féminisation des études de médecine vétérinaire outre-Manche semble s’être stabilisée autour de 80 %, de même que la proportion d’étudiants internationaux, qui reste comparable à celle de 2012. Édimbourg (43 %) et Glasgow (46 %) continuent toutefois d’attirer un nombre plus élevé d’élèves étrangers que les autres universités britanniques. Toutes universités et années d’études confondues, 1 556 étudiants vétérinaires ont répondu à l’enquête BVA/AVS sur leur bien-être physique et mental, sur leurs finances, sur les stages pratiques obligatoires (EMS) et sur leurs attentes professionnelles.

 

etudiants-veterinaires> Bien-être et santé mentale (stress, dépression, etc.)

En 2016, le taux d’étudiants vétérinaires qui souffrent ou ont souffert de stress affiche une baisse significative (- 19 % par rapport à 2012), ce qui suggère que les programmes de sensibilisation et de soutien mis en œuvre au sein des universités commencent à porter leurs fruits. Cependant, près des deux tiers des étudiants (63 %) souffrent toujours de stress, et plus d’un tiers (38 %) de dépression (27 %, recul de 6 % par rapport à 2012), de troubles alimentaires (7 %, en baisse de 3 %) ou d’autres troubles de la santé mentale (11 %, en hausse de 7 %). Le pourcentage de dépressions reste plus de 10 fois supérieur à la moyenne nationale (2,4 %). Pour la plupart des élèves sondés (83 %), ce mal-être est directement relié aux exigences de leurs études, loin devant le manque de temps libre (58 %), les problèmes familiaux ou relationnels (44 %), les soucis financiers (40 %), etc. Près des trois quarts des répondants (72 %) déclarent toutefois qu’ils se sentent bien soutenus dans le cadre de leur université (Nottingham et Surrey arrivent en tête). Conscients des bénéfices pour leur santé, presque tous pratiquent une activité physique régulière en dehors de leurs études.

 

> Finances (prêts, bourses, travail à temps partiel, etc.)

La situation financière des étudiants a beaucoup changé en quatre ans et constitue une source de stress à part entière. Non seulement les frais de scolarité ont augmenté, mais il en est de même pour le coût de la vie. En conséquence, le recours aux prêts s’est généralisé. La dette totale des étudiants affiche une forte hausse par rapport à 2012 et n’a cessé d’augmenter depuis 1999. En moyenne, un étudiant britannique en 5e année est endetté à hauteur de 38 455 £. Pour les étudiants étrangers, la dette, encore plus élevée, atteint 129 207 £. L’utilisation accrue des crédits, par ailleurs d’un montant plus élevé, est associée à une diminution du nombre d’étudiants qui bénéficient de subventions (29 %, versus 34 % en 2012) et à une hausse du travail à temps partiel pour financer les études et l’entretien courant (38 %, versus 25 % auparavant). L’hébergement représente à lui seul 57 % des dépenses, au lieu de 46 % en 2012.

 

> Stages précliniques et cliniques (EMS)

La majorité des étudiants sont satisfaits du système des stages et pensent que cela leur permet d’explorer un large éventail de carrières, même s’il existe de légères variations selon l’université. Ils accordent une grande importance à la sélection de la structure où ils effectueront leur formation, qui doit avant tout leur permettre d’acquérir une expérience pratique en adéquation avec leurs aspirations professionnelles. Cependant, 44 % des répondants déplorent n’avoir bénéficié d’enseignements pratiques qu’une partie du temps, tandis que 10 % rarement ou jamais. Une tendance inquiétante étant donné que ces stages pratiques font partie intégrante du cursus (38 semaines sur 5 ans) et que de nombreux étudiants en dépendent pour se former en chirurgie. Cela affecte directement l’employabilité des nouveaux diplômés. Le coût (en moyenne 50 £ la semaine) est le principal obstacle lors du choix des stages. En outre, même en y consacrant la plupart des vacances, il devient de plus en plus difficile de jongler entre les stages, les études, la vie sociale et un travail à temps partiel, ce qui ajoute encore à la pression financière et peut affecter, par ricochet, la santé psychique des étudiants.

 

> Attentes professionnelles

Pour la majorité des étudiants vétérinaires sondés, les études offrent une bonne préparation pour exercer leur futur métier, mais à mesure qu’ils progressent dans le cursus, ils en sont moins sûrs… Là encore, 44 % des étudiants estiment qu’une plus grande expérience pratique, mais aussi davantage d’occasions de se spécialiser ou de suivre des modules optionnels, leur permettrait de mieux atteindre leurs objectifs de carrière. Au final, plus de 4 élèves sur 5 (81 %) comptent travailler en pratique clinique au cours des dix ans qui suivent l’obtention de leur diplôme. Seuls quelques étudiants de 5e et 6e années (17 %) envisagent d’explorer d’autres options de carrière, ou estiment que la pratique clinique n’est pas faite pour eux.

 

Pour la BVA, la communauté vétérinaire toute entière doit aider les jeunes diplômés à faire face dès leurs premiers pas dans la profession, et mettre les ressources adéquates à leur disposition pour surmonter ce qui constitue un mélange toxique entre un cursus vétérinaire très exigeant, peu de temps de loisirs et une pression financière énorme. Pour le président de l’association, il est de la responsabilité de la profession d’encourager l’émergence d’une nouvelle génération de vétérinaires résiliente, compétente, bien dans sa tête et sa peau.

 

* https://www.bva.co.uk/uploadedFiles/Content/Membership_and_benefits/BVA-AVS-Research-Report-2016.pdf

 

 

 

Partager cet article :

Articles qui pourraient vous intéresser

Plus dans Économie
Être vétérinaire aux États-Unis offre un revenu annuel de quelque 99 000 $ (90900 €) en moyenne. Voici une sélection des 11 États où il fait bon exercer
États-Unis : les 11 États les plus rémunérateurs pour les vétérinaires

Que vous soyez jeune diplômé ou que vous ayez récemment cédé votre clientèle pour vous expatrier, la publication des dernières...

Fermer