Dermatose nodulaire contagieuse : les bovins sous haute surveillance en Europe

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Deux foyers de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB) ont été notifiés par la Géorgie, le 8 novembre 2016, à proximité de la frontière russe. Tous les pays voisins (Russie, Azerbaïdjan, Arménie et Turquie) ont déjà déclaré la présence de la maladie sur leur territoire. Ainsi, la diffusion du poxvirus bovin se poursuit en Europe et au-delà, avec une forte augmentation de l’incidence (957 foyers notifiés au 26 septembre 2016) et en dépit des mesures de contrôle mises en œuvre, notamment dans les pays concernés. En Europe, cette maladie virale enzootique, très contagieuse, touche déjà la Grèce, la Bulgarie, la Macédoine, la Serbie, le Kosovo, l’Albanie, le Monténégro. En France, aucun cas n’est recensé pour le moment, mais la plus grande vigilance est de mise.

 

dermatose-nodulaire-contagieuse-2Placée sous surveillance depuis deux ans maintenant, l’épizootie européenne de dermatose nodulaire contagieuse bovine a d’abord progressé « en tache d’huile à partir des foyers installés dans la partie occidentale de la Turquie et en Grèce », avant de gagner les Balkans où elle avance en « sauts de puce », parcourant en moyenne 7,5 km chaque semaine depuis mai 2015. Face à la multiplication des foyers dans le sud-est de l’Europe, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a publié une instruction technique*, le 9 novembre, afin de préciser les modalités de surveillance et de prise en charge de toute suspicion clinique de la maladie sur le territoire français. Elle rappelle qu’il s’agit d’un danger sanitaire de première catégorie à déclaration obligatoire, soumis à un plan d’intervention sanitaire d’urgence.

  • Le signalement par un vétérinaire d’un cas potentiel au sein d’un troupeau combine trois critères cliniques :
  • la présence d’au moins un bovin présentant au minimum deux nodules durs, arrondis, indolores, d’un diamètre de 0,5 à 5 cm (parfois seulement identifiables par palpation) ;
  • l’observation d’au minimum un des signes cliniques d’appel (hyperthermie, hypertrophie ganglionnaire, anorexie, épiphora, jetage, ptyalisme, œdèmes sous-cutanés) chez au moins un bovin (celui présentant des nodules ou un autre) ;
  • l’absence d’identification certaine d’une autre cause lors du diagnostic différentiel (notamment leucose cutanée, actinobacillose cutanée, actinomycose, nocardiose, dermatophytose, dermatophilose).

L’ensemble du troupeau doit être examiné, lors de la visite du vétérinaire, pour déceler les signes généraux susceptibles de passer inaperçus comme l’hyperthermie (jusqu’à 41 °C) ou l’atteinte des muqueuses nasale, buccale et oculaire. En effet, la maladie est en partie asymptomatique. L’enregistrement de toute suspicion sera réalisé dans la base Sigal. Les interventions vétérinaires, les frais d’analyses, l’indemnisation des animaux abattus ou des produits détruits seront pris en charge par l’État.

L’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), saisie en avril 2016 sur l’évaluation du risque d’introduction en France de la dermatose nodulaire contagieuse bovine et la stratégie vaccinale à adopter, est attendu en fin d’année. Selon les experts de l’European Food Safety Authority (Efsa)**, la vaccination constitue la méthode la plus efficace pour lutter contre la propagation de la maladie et l’éradiquer. Si la campagne vaccinale est correctement menée, et surtout à titre préventif, l’abattage partiel des animaux malades serait aussi efficace que l’abattage total des troupeaux atteints, actuellement exigé par la législation européenne. En France, « une stratégie vaccinale ne pourra être envisagée qu’en complément des mesures de lutte sanitaire et avec l’accord de la Commission européenne », précise la DGAL.

En attendant, une campagne de sensibilisation à la surveillance de la maladie est lancée auprès des vétérinaires et des éleveurs, appelés à réagir immédiatement en signalant tout tableau clinique évocateur de la DNCB. Début août, une information de la DGAL les avait déjà sensibilisés, ainsi que les opérateurs commerciaux et les transporteurs d’animaux vivants, à la prévention de l’introduction en France de la maladie.

 

* Voir l’instruction technique DGAL/SDSPA/2016-872 du 9 novembre 2016.

** http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/4573

 

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