Cirques : l’Ordre des vétérinaires condamne l’utilisation des mammifères sauvages

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Questionné par One Voice, l’Ordre national des vétérinaires, qui représente quelque 18 000 praticiens français, confirme dans un courrier sa position contre l’utilisation d’animaux sauvages dans les spectacles des cirques itinérants. Pour l’association de protection animale, cette condamnation ordinale vient légitimer le combat qu’elle mène depuis plusieurs années pour faire libérer les animaux sauvages détenus dans les cirques, notamment en France. Après sa position pour un étourdissement efficace des animaux avant la saignée et contre la corrida, l’Ordre poursuit son engagement en faveur du “vétérinaire garant du bien-être animal”.

 

Dans sa réponse à One Voice, qui lui demandait son positionnement sur le sujet, le président de l’Ordre, Jacques Guérin, déclare adhérer pleinement à la recommandation adoptée par la Fédération des vétérinaires d’Europe (FVE), le 6 juin 2015, à l’issue d’un long processus d’expertise et de validation scientifique. Dans cet avis, la FVE recommande aux autorités européennes et nationales d’interdire l’utilisation de mammifères sauvages, en particulier les éléphants et les grands félins, dans les cirques itinérants. Outre les considérations liées au bien-être animal, elle dénonce les risques non négligeables pour la santé et la sécurité publiques (blessures, transmission de maladies, etc.) liés à l’exhibition de ces animaux.

En tant que membre de la FVE, l’Ordre français confirme qu’il condamne l’exploitation des animaux non domestiques par les cirques itinérants, qui sont dans l’incapacité de satisfaire les besoins naturels spécifiques des mammifères sauvages qu’ils détiennent ou de les laisser exprimer les comportements propres à leur espèce.

Pour Muriel Arnal, présidente fondatrice de One Voice, les différents rapports émis par des inspecteurs vétérinaires et des praticiens, qui ont à plusieurs reprises conclu au bien-être des animaux visités dans des cirques, sont de fait invalidés, puisqu’ils vont à l’encontre de la prise de position de leur Ordre professionnel. One Voice a d’ores et déjà interpellé le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, « afin qu’il tire toutes les conséquences de l’avis de l’Ordre et prenne ses responsabilités de toute urgence ».

La réponse ordinale sera également communiquée aux magistrats chargés d’instruire les plaintes déposées par l’association pour mauvais traitements et actes de cruauté, ainsi qu’aux tribunaux saisis de recours en annulation face aux refus des préfectures de retirer les animaux des cirques mis en cause, et enfin au Conseil d’État qui doit se prononcer sur la légalité de l’arrêté de 2011 concernant les conditions de détention d’animaux sauvages dans les établissements de spectacles itinérants.

Au cours des dernières années, une cinquantaine de pays dans le monde, dont une vingtaine d’États membres de l’Union européenne, ont d’ores et déjà adopté des législations nationales visant à interdire les animaux sauvages dans les cirques itinérants, et des centaines de municipalités en Europe refusent de les accueillir.

 

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