Chien de thérapie : des effets bénéfiques avérés sur les enfants cancéreux

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De nombreux hôpitaux, qui ont ouvert les portes de leur service de cancérologie aux chiens, témoignent des bénéfices pour les patients de cette thérapie assistée par l’animal. Mais jusqu’à présent, peu de travaux scientifiquement fondés ont étayé cet impact positif. Une récente étude américaine*, menée dans cinq hôpitaux aux États-Unis, présente les premières données fondées sur les avantages thérapeutiques de tels programmes sur les enfants atteints de cancer et sur leurs familles, mettant en évidence un effet calmant du chien.

 

Il est montré que la seule présence d’un animal, le fait de jouer avec lui, ou simplement de le manipuler, diminue le stress, augmente l’activité physique, soulage la dépression et l’anxiété, calme et motive les personnes hospitalisées et aide à normaliser les situations anxiogènes. Les chiens, dans le cadre de la thérapie assistée par l’animal, font ainsi partie du traitement de patients humains. L’objectif des hôpitaux qui les accueillent est d’améliorer l’état social, émotionnel ou mental des malades, ainsi que leur bien-être.

aat_dog-300x266La nouvelle étude s’inscrit dans le projet de recherche Canines and Childhood Cancer (CCC) géré par l’American Humane Association et financé par Zoetis. Pour évaluer les effets de la thérapie assistée par l’animal sur les enfants cancéreux, leurs familles, mais aussi sur les chiens impliqués, plusieurs paramètres sont recueillis. La pression artérielle, le rythme cardiaque et le niveau d’anxiété sont mesurés chez les jeunes patients avant et après chaque visite hebdomadaire du chien de thérapie. Pendant ces visites, les enfants caressent, brossent ou parlent au chien, le regardent effectuer des tours et obéir à des ordres, visionnent des photos de l’animal et découvrent les races canines.

Les résultats préliminaires montrent une plus grande stabilité de la pression artérielle, au cours de toutes les sessions, dans les groupes où les chiens de thérapie sont intervenus, par rapport au groupe témoin qui n’a pas bénéficié de ces visites. Les chercheurs ont également constaté un taux de variabilité de la fréquence cardiaque plus élevé chez les patients du groupe de contrôle que chez ceux qui ont accueilli les chiens. Selon eux, le chien a un effet calmant sur l’enfant malade, mais aussi sur sa famille.

Ainsi, les parents des enfants du groupe témoin ont montré une fluctuation en dents de scie des niveaux d’anxiété, tandis que ceux du groupe de traitement ont affiché des niveaux plus stables, voire une légère baisse vers la fin de leur participation à l’étude.

Jusqu’à présent, le projet a inclus 68 enfants atteints d’un cancer, âgés de 3 à 17 ans. Parmi eux, 39 ont été intégrés dans le groupe de traitement et 29 dans le groupe témoin. Il est prévu d’inclure à peu près le même nombre d’enfants d’ici à la fin de l’étude en 2016. Globalement, les enfants des deux groupes ont vu leur anxiété diminuer au cours de leur implication dans l’étude.

Les chercheurs étudient également l’effet de ces visites sur les chiens eux-mêmes, en observant leur caractère et leur comportement pendant les interventions. Cette étude constitue ainsi une étape importante dans la compréhension du lien vital qui unit l’homme à l’animal et de ses bénéfices. Ils espèrent que les conclusions définitives de leurs travaux permettront d’augmenter le recours aux chiens de thérapie, d’améliorer leur formation et leur entraînement, pour aboutir à de meilleurs résultats pour les enfants et les familles confrontés aux défis du cancer infantile.

Cette nouvelle étude fait écho à une autre, parue cette année, menée par des chercheurs israéliens. Ils démontrent que le chien de thérapie améliore le bien-être émotionnel des patients adultes atteints de cancer qui subissent des traitements complexes. Certains d’entre eux, hospitalisés à New York, ont même affirmé qu’ils auraient arrêté leur traitement avant le terme sans la présence d’un chien de thérapie.

Aux États-Unis, un cancer est diagnostiqué chez environ 1 enfant sur 285 avant l’âge de 20 ans. Les taux de survie ont augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Ainsi, le nombre d’enfants qui meurent dans les cinq années suivant le diagnostic a diminué de plus de moitié entre 1975-1977 et 2007-2010. Toutefois, cette amélioration n’a pas été corrélée à des solutions pour améliorer la qualité de vie de ces jeunes patients et de leurs familles. C’est là que l’animal thérapeute entre en jeu.

 

* Amy McCullough et coll. The effects of animal-assisted interventions (AAIs) for pediatric oncology patients, their parents, and therapy dogs at five hospital sites, présenté à l’American Academy of Pediatrics National Conference & Exhibition, 25 octobre 2015.

 

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