Brucellose ovine et caprine : un concours pour encourager la mise au point d’un nouveau vaccin

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Doté au total de 30 millions de dollars, le concours pour le Brucellosis Vaccine Prize, lancé le 18 novembre, est géré par l’Alliance mondiale pour les médicaments vétérinaires du bétail (GALVmed)*. Pour remporter ce prix, les laboratoires de santé animale du monde entier sont invités à mettre au point, puis à développer un vaccin contre la brucellose, une zoonose qui continue de progresser dans les pays en développement, en dépit des vaccins actuellement disponibles. L’objectif, à terme, est de réduire l’incidence de la maladie dans les régions où elle est endémique, voire de l’éradiquer, afin d’améliorer les conditions de vie des éleveurs de petits ruminants. En outre, le contrôle de l’infection chez les animaux représente le meilleur moyen de prévention de la brucellose humaine.

 

brucellosis-vaccine-prize-now-open-tweet-card-768x623La bactérie Brucella melitensis, qui infecte les ovins et les caprins, provoque des avortements, de l’infertilité, une diminution de la production laitière et une perte de poids chez les animaux atteints. Cette maladie contagieuse, qui demeure endémique dans une grande partie de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, a des répercussions économiques importantes, affectant les moyens de subsistance des quelque 600 millions de personnes qui, dans les pays en développement, dépendent des animaux d’élevage pour vivre. Actuellement, les pays d’Asie centrale et d’Asie du Sud-Est enregistrent la plus forte augmentation du nombre de cas de brucellose. L’impact pour les petits exploitants en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne est estimé à 500 millions de dollars par an.

De plus, la brucellose est une zoonose qui se transmet facilement à l’homme, aggravant encore la baisse de productivité, les pertes de revenus et la vulnérabilité des petits exploitants touchés. Environ 500 000 nouveaux cas humains sont signalés chaque année. La transmission à l’homme se produit le plus souvent via l’ingestion de lait cru provenant d’animaux infectés par la bactérie B. melitensis. Les vétérinaires et les éleveurs sont plus particulièrement exposés, via la manipulation des animaux infectés, des avortons et des placentas. Les animaux sauvages jouent quant à eux le rôle de réservoir infectieux, ce qui complique les efforts d’éradication.

L’objectif du Brucellosis Vaccine Prize est donc de contribuer au développement d’un vaccin efficace, sûr et viable contre Brucella melitensis chez les petits ruminants, principalement destiné aux pays en développement. L’appel pour la première phase du concours (qui met en jeu dix prix de 100 000 $) est lancé. Les candidats potentiels qui veulent relever le défi sont invités à soumettre leur dossier de candidature en ligne, d’ici à novembre 2017. Tous les détails et les règles du concours sont disponibles sur le site web www.brucellosisvaccine.org.

Le prix, l’un des plus importants de ce type, est financé par AgResults**, un organisme né de la collaboration entre les gouvernements d’Australie, du Canada, du Royaume-Uni, des États-Unis et la Fondation Bill & Melinda Gates, dans le but de trouver des solutions innovantes, issues du secteur privé, aux défis de développement apparemment insolubles (sécurité alimentaire mondiale, amélioration de la productivité, etc.). La gestion de ce projet pilote, qui devrait s’étendre sur une dizaine d’années, est confiée à la GALVmed, une société internationale sans but lucratif qui encourage le développement de vaccins, de médicaments et de diagnostics pour les maladies négligées du bétail en Afrique et en Asie.

Idéalement, le vaccin gagnant permettra de surmonter tous les contraintes qui entravent actuellement l’efficacité des vaccins contre la brucellose dans les pays en développement. Il devra immuniser contre une ou plusieurs souches qui touchent particulièrement les chèvres et les moutons, réduire la complexité de la gestion des animaux soumis à la vaccination, utiliser un agent inactif, et n’avoir pas besoin d’une réfrigération constante.

La compétition est divisée en trois phases, avec des paiements d’étape pour les participants admissibles, pour un total qui pourrait s’élever à plus de 26 millions de dollars pour le gagnant final. Le prix vise ainsi à compenser les coûts élevés de recherche et de développement engagés par les candidats pour créer le nouveau vaccin. Toutes les sociétés du secteur privé peuvent concourir (entreprises pharmaceutiques, zootechniques, biotechnologiques, de santé animale), ainsi que les établissements universitaires et de recherche.

 

* Global Alliance for Livestock Veterinary Medicines (GALVmed), www.galvmed.org

**AgResults, http://agresults.org/en/316/Brucellosis-Vaccine-Pilot

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