Biodiversité : la Nouvelle-Zélande veut progressivement bannir les chats de son territoire

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Les autorités néo-zélandaises envisagent d’interdire les chats de compagnie dans le sud de son territoire dans le but de protéger la faune locale, notamment plusieurs espèces d’oiseaux indigènes. Dans la région du Southland, les propriétaires dont le chat meure ne seront pas autorisés à en reprendre un à la mort de leur animal. Une proposition mal accueillie par les possesseurs de chats qui dénoncent « un Etat policier ». Ils vont devoir composer avec les défenseurs de l’environnement qui, de leur côté, déplorent la disparition rapide de la faune locale dans le pays.

 

A terme, les chats domestiques pourraient être bannis d’une zone de la Nouvelle-Zélande pour protéger la faune locale. Le conseil régional du Southland propose en effet une nouvelle stratégie de biosécurité sur dix ans qui inclue des mesures de lutte contre quelque 70 espèces nuisibles, dont deux ciblent spécifiquement les chats de compagnie, dans les zones sensibles d’Omaui et de Stewart Island/Rakiura. Les autorités locales veulent en effet protéger 230 hectares de brousse et de forêts qui abritent notamment de petits oiseaux indigènes, comme le rhipidure à collier, le gérigone, le mahoua pipipi et le coucou éclatant, ainsi que des plus grands comme le tui.

Un plan de lutte contre les espèces nuisibles sera déployé, les propriétaires de chats devront faire stériliser, micropucer et enregistrer leurs animaux de compagnie auprès des autorités locales dans les six mois à venir. En outre, ils ne pourront plus remplacer leur chat après la mort de leur animal.

La Nouvelle-Zélande a la plus forte proportion d’espèces en voie de disparition au monde, car elle abrite plus de 4 000 espèces animales en danger (81 % des oiseaux, 88 % des reptiles et 72 % des poissons indigènes), allant des dauphins de Maui et d’Hector au kiwi, le symbole du pays. La plupart des espèces natives ne sont présentes nulle part ailleurs.

Les chats, arrivés il y a 200 ans avec les colons, font pas mal de dégâts parmi les oiseaux, les insectes et les reptiles du pays, où n’évoluent que des espèces “sans dents”. Or la Nouvelle-Zélande a plus de chats par habitant que n’importe quel autre pays du monde. Considérés comme indispensables pour gérer les infestations de rats dans le pays, les félins domestiques et errants tuent chaque année quelque 25 millions d’oiseaux indigènes, propagent des maladies et coûtent à l’économie et au secteur primaire néo-zélandais 3,3 milliards de dollars par an. Leur éradication est en marche depuis plusieurs années.

Ainsi, la ministre de la Conservation, Eugenie Sage, a récemment appelé à l’interdiction des chats dans la capitale néo-zélandaise, Wellington, afin de restaurer la population de kiwis. Auckland, la plus grande ville de Nouvelle-Zélande, a proposé un plan pour euthanasier tout chat non identifié par une puce électronique capturé à proximité d’un “site écologiquement important” hébergeant une faune vulnérable. Surtout, le gouvernement a adopté le plan Predator Free New Zealand qui vise à éradiquer de son sol les rats, opossums, hermines et tous les autres mammifères envahissants d’ici à 2050.

Les habitants du Southland ont deux mois pour exprimer leur opinion sur le plan régional de lutte contre les espèces nuisibles et l’interdiction à terme des chats domestiques, soit jusqu’au 23 octobre 2018. Une pétition contre les mesures proposées par Environment Southland est d’ores et déjà en circulation.

 

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