Apiculture : le Plan de développement durable national est prolongé de deux ans

Vetitude.fr | Le

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a décidé hier de réorienter et de prolonger jusqu’en 2017 le Plan de développement durable de l’apiculture, initialement lancé en 2013 pour trois ans. D’ores et déjà, sur les 115 actions prévues au départ, 77 sont finalisées (soit 67 %). Il en reste donc 30 à mener à bien, car 8 ont finalement été abandonnées, notamment pour des raisons réglementaires. Au total, si plus de 90 % des actions envisagées ont été engagées, il reste à se recentrer sur les moins abouties.

 

Abeille apicultureArticulé autour de 17 axes* et décliné en 115 actions, le Plan de développement durable de l’apiculture tente de répondre, depuis trois ans, aux principales problématiques apicoles en France (santé des colonies, augmentation du cheptel, organisation du secteur, développement de la production, etc.). Au-delà des aspects économiques, son approche globale des enjeux de la filière française vise à lui fournir les outils nécessaires à son essor. Ainsi, l’ensemble des axes relatifs à l’environnement de la production apicole (santé, prédateurs, pollutions, reconquête de la biodiversité, accompagnement de l’organisation) ont été mis en œuvre, selon le ministère. Ceux qui concernent la formation et l’évolution des métiers de l’apiculture suivent de près. Pour les six axes les moins avancés, les outils sont disponibles, reste à mobiliser les acteurs pour assurer le développement de la filière. Parmi ces outils, un guide des bonnes pratiques apicoles nécessaires à la gestion d’un cheptel apiaire et d’une miellerie a été publié fin 2014 par l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (Institut de l’abeille). Né d’un travail concerté entre les structures apicoles, sanitaires, vétérinaires, de la recherche et de l’administration, ce guide est destiné à tous les apiculteurs, expérimentés, en cours d’installation ou en formation.

Initialement, l’ambition du Plan de développement durable de l’apiculture était de faire de la France l’un des grands pays apicoles de l’Union européenne, alors que l’Hexagone importe 25 200 tonnes de miel sur les 40 000 tonnes consommées chaque année (500 g par personne et par an). Ses 800 000 ruches ne produisent en effet que 14 800 tonnes de miel par an. Ce plan visait également à développer le cheptel français, dans un contexte de fragilité généralisée des colonies d’abeilles. Aujourd’hui, recentré sur les axes les moins aboutis, l’objectif du plan rénové est de permettre à la filière apicole, au fort potentiel de développement, de se structurer autour d’une interprofession et de continuer à croître avec une véritable stratégie, afin de répondre à la demande des consommateurs français, tant en termes de volumes produits que d’origine et de qualité.

 

Ainsi, le plan actualisé s’articulera désormais autour de quatre axes :

  • la recherche (notamment via la diffusion et la valorisation auprès des apiculteurs et des instituts techniques des résultats des travaux menés sur l’apiculture durable) ;
  • la limitation de l’exposition des abeilles aux facteurs de risque influençant la santé des colonies (par exemple via la prise en compte de la diversité des expositions chimiques, autres que celles aux produits phytopharmaceutiques, notamment d’usage vétérinaire, ou encore via le classement du frelon asiatique en danger sanitaire de catégorie 1) ;
  • l’organisation et l’accompagnement de la filière apicole (par exemple en encourageant des démarches collectives via la création de groupements d’intérêt économique et environnemental, ou encore la signature d’un pacte “miel de France”) ;
  • la formation aux métiers de l’apiculture (entre autres par la mise en œuvre d’un certificat de compétences, certi api, pour professionnaliser le métier d’apiculteur).

 

Le financement global des actions entreprises en faveur de l’apiculture est maintenu pour les deux prochaines années, pour un montant de 13 millions d’euros par an. Sur cette enveloppe, 7 millions seront dédiés, en 2016 et en 2017, aux mesures du Plan de développement durable de l’apiculture. Les 6 millions restants financeront des actions à plus long terme, dans le cadre de la stratégie apicole à dix ans.

De son côté, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a lancé en mai dernier un plan de préservation des abeilles et des pollinisateurs sauvages qui vient compléter les actions conduites en faveur de l’abeille domestique sur le territoire français. Ce plan national d’une vingtaine d’actions, baptisé “France, terre de pollinisateurs”, vise à appréhender les enjeux de la pollinisation, à établir le diagnostic du déclin actuel, à définir des objectifs et à promouvoir des bonnes pratiques afin d’enrayer la disparition d’espèces chez les abeilles sauvages, les bourdons, les syrphes, les papillons, etc. Ce plan est suivi par un comité de pilotage qui apprécie la mise en œuvre progressive des actions sur la période 2015-2020.

 

* Les 17 axes du plan initial (2013-2015) :

> Axe 1 : objectiver le problème de santé des colonies d’abeilles par une approche globale et multifactorielle.

> Axe 2 : diminuer l’impact des pesticides sur la santé des colonies d’abeilles.

> Axe: lutter contre les maladies des abeilles.

> Axe 4 : lutter contre le frelon asiatique.

> Axe 5 : mettre en place une filière française compétitive d’élevage de reines et d’essaims.

> Axe 6 : mieux connaître et protéger l’apiculture française.

> Axe 7 : retrouver la biodiversité nécessaire à l’apiculture.

> Axe 8 : maintenir et développer le service de la pollinisation assuré par les colonies.

> Axe 9 : promouvoir le rôle des colonies d’abeilles comme indicateur des atteintes à la biodiversité et à l’environnement.

> Axe 10 : mieux former les apiculteurs et les personnes travaillant dans le domaine de l’apiculture.

> Axe 11 : encourager l’installation de nouveaux apiculteurs et soutenir les investissements visant à développer la production, la transformation et la commercialisation de miel et de produits associés.

> Axe 12 : organiser la filière apicole.

> Axe 13 : organiser la production apicole.

> Axe 14 : mieux organiser la production de miel, gelée royale et autres produits de la ruche.

> Axe 15 : mieux organiser la production de reines et d’essaims.

> Axe 16 : développer la recherche et l’enseignement supérieur en apidologie.

> Axe 17 : contribuer à l’élaboration d’un plan global européen pour une apiculture durable.

 

Partager cet article :

Articles qui pourraient vous intéresser

Plus dans Actualité
L’Efsa conclut que le petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) pourrait se propager rapidement sur de grandes distances via les mouvements de ruchers infestés.
Petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) : le risque de sa propagation en Europe vient d’être évalué par l’Efsa

Dans un avis scientifique* publié avant-hier, l’European Food Safety Authority (Efsa) conclut que le petit coléoptère de la ruche (Aethina...

Fermer