Antibiorésistance en élevage : une campagne de vaccination des animaux vise à réduire le recours aux antibiotiques

Vetitude.fr | Le

Le ministère de l’Agriculture vient de lancer une vaste campagne de communication, à destination des éleveurs et des vétérinaires, pour encourager à la prévention des maladies via la vaccination des animaux de production. Car, en dépit du coût des traitements curatifs, le taux de vaccination dans les élevages bovins reste faible en France. La campagne mise en place ambitionne ainsi de rendre plus compétitif le recours aux vaccins par rapport à l’usage des antibiotiques à l’échelle d’un troupeau. Toutes les informations destinées aux “vaccin’acteurs” sont téléchargeables sur le site du ministère*, dont deux affiches qui mettent en avant l’action des vétérinaires.

 

vaccin-acteurL’émergence de résistances aux antibiotiques reste une préoccupation mondiale. Pour inciter à la diminution de la consommation en médecine vétérinaire, la France a mis en œuvre le plan ÉcoAntibio 2012-2017, décliné en 40 actions pour préserver la santé animale, mais aussi l’arsenal thérapeutique, tout en réduisant la contribution des antibiotiques utilisés à la résistance bactérienne. Cela passe notamment par la promotion d’offres de soins alternatives à l’antibiothérapie, comme la vaccination en élevage. Ainsi, la mesure n° 15 de ce plan participe à cette ambition globale de réduction des risques d’antibiorésistance qui arrive à son terme l’an prochain. Pilotée par le Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV), elle s’articule autour d’un double objectif : la diminution des maladies et le contrôle de leur expression clinique par la prévention vaccinale, mais aussi la promotion de la recherche dans le domaine de l’immunité et de l’utilisation de vaccins ou d’autovaccins.

Une couverture vaccinale plus étendue permettrait en effet, dans de nombreux cas, d’éviter le recours aux antibiotiques. Il s’agit pour cela de lever les freins actuels, tels que la réticence persistante à l’utilisation de vaccins due à certains cas historiques et à une méconnaissance de leur efficacité. Après la campagne de communication lancée pour les animaux de compagnie fin 2014 (« Les antibiotiques, pour nous aussi c’est pas automatique »), le ministère s’attaque aujourd’hui aux animaux de rente. Quatre bonnes raisons de vacciner ses animaux sont mises en avant pour l’éleveur :

  • un investissement rentable : comparé au coût d’une maladie chez un ou plusieurs animaux, faire vacciner son troupeau apparaît comme un bon investissement. En effet, les traitements curatifs individuels ajoutent à la charge de travail et sont souvent plus onéreux que les solutions préventives collectives. Aux frais consécutifs à la perte d’un ou de plusieurs animaux, il faut ajouter les pertes de production liées à la maladie.
  • une efficacité reconnue : dans la plupart des cas, le vaccin est efficace et immunise les animaux contre la maladie ciblée. L’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un vaccin n’est accordée que si le bénéfice de son utilisation est supérieur aux risques.
  • une protection dans la durée : l’immunité conférée par le vaccin protège les animaux susceptibles de contracter une maladie. La vaccination large et les rappels évitent également la propagation de la maladie à l’ensemble du troupeau, grâce à l’immunité de groupe.
  • moins d’antibiotiques : en maintenant les animaux en bonne santé, la vaccination permet de limiter le recours à l’antibiothérapie.

Aux futurs “vaccin’acteurs”, il est en outre rappelé que la vaccination, pour être efficace, doit être associée à une conduite d’élevage préventive qui passe par la maîtrise de certains paramètres tels que l’équilibre alimentaire, le respect des bonnes pratiques, le contrôle du parasitisme, le renforcement des mesures de biosécurité (ambiance et hygiène au sein des bâtiments), etc.

 

* Outils de communication et visuels :

Le vétérinaire, un homme de terrain

Le vétérinaire, plus qu’un urgentiste

Leaflet vaccin’acteur

 

Pour aller plus loin : un colloque à Paris

Dans le cadre de la Journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de l’Environnement organisent un colloque sur « Le coût de l’antibiorésistance en médecine humaine, vétérinaire et dans l’environnement », le jeudi 17 novembre 2016 à Paris (14 avenue Duquesne, salle Laroque, de 9 h 30 à 16 h 30). Les interventions et les débats porteront sur le thème des enjeux économiques de l’antibiorésistance, ainsi que sur le coût de l’action versus celui de l’inaction.

Programme du prochain colloque

Formulaire d’inscription

Partager cet article :

Articles qui pourraient vous intéresser

Plus dans Pharmacie
le 2nd “plan national micropolluants” a été lancé le 8 septembre lors de la conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement
Résidus de médicaments : une conférence internationale et un plan national pour lutter contre les micropolluants

Attendu en juin, le second “plan national micropolluants” a été officiellement lancé le 8 septembre. Ségolène Royal, la ministre de...

Fermer