Mieux lutter contre l’antibiorésistance grâce aux données des laboratoires de santé animale

Vetitude.fr | Le

L’antibiorésistance des bactéries pathogènes est une préoccupation croissante pour la santé publique comme pour la santé animale. Au Canada, les données bactériologiques produites par les laboratoires de diagnostic en santé animale ont été identifiées comme une source potentielle d’informations sur la résistance aux antimicrobiens chez les animaux d’élevage. Or elles sont sous-utilisées dans le cadre de la surveillance de l’antibiorésistance, et peu de travaux scientifiques ont été publiés à partir de ces données.

L’examen de la littérature montre qu’au moins cinq pays européens fondent leurs notifications de résistances aux antibiotiques sur les données issues des laboratoires de diagnostic vétérinaires. Ainsi, le renforcement du système de surveillance canadien passe par une nouvelle approche factuelle, fondée sur des preuves. Le projet a donc consisté à mettre au point un programme de recueil de données, à partir du signalement systématique des résistances observées dans les isolats bactériens d’origine animale provenant du British Columbia Animal Health Centre (AHC). En outre, une liste des programmes de surveillance existants, utilisant des données de santé animale en Amérique du Nord et en Europe, a été créée. Pour la France, la source des données vétérinaires retenue est le Réseau d’épidémiosurveillance et d’antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (Resapath).

Sur la base de l’examen des programmes étrangers, des entretiens avec les parties prenantes et de l’analyse des données de l’AHC, des modèles de rapport sur la résistance aux antimicrobiens ont été élaborés. Le recueil des données a été effectué via le Canadian Animal Health Surveillance Network. Enfin, les résultats complets des combinaisons animal-bactérie-antimicrobien de 2007 à 2015 ont fait l’objet de deux rapports rendus publics. En santé humaine, le rapport fournit des données sur les résistances chez Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, Escherichia coli et Salmonella. En santé animale, le rapport fournit des informations sur les résistances d’Aeromonas salmonicida et Yersinia ruckeri (isolés chez le saumon de l’Atlantique), de Streptococcus dysgalactiae, S. uberis, Staphylococcus aureus, des staphylocoques à coagulase négative et E. coli (chez les bovins laitiers), et de Staphylococcus spp. (chez le poulet de chair).

L’analyse des données disponibles, auparavant inexploitées, a permis de fournir des informations pertinentes et utiles sur l’antibiorésistance aux responsables de la santé publique, au grand public, mais aussi aux acteurs du secteur des animaux de rente de la Colombie-Britannique, en particulier sur les agents pathogènes préoccupants chez les principales espèces animales destinées à l’alimentation humaine.

Une comparaison des similitudes et des différences a été réalisée entre les combinaisons animal-bactérie-antibiotique provenant de l’AHC et celles issues des rapports publics du Programme intégré canadien pour la surveillance de la résistance aux antimicrobiens (Picra) afin de calculer les proportions moyennes d’isolats résistants.

 

Developing an evidence-based approach for antimicrobial resistance reporting for British Columbia diagnostic animal health laboratory data, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5901857/

 

 

Partager cet article :

Articles qui pourraient vous intéresser

Plus dans Sanitaire
Zoonose & viande de brousse: La communauté mondiale est confrontée à l’émergence de maladies dont la plupart doivent être d’abord détectées chez les animaux
Zoonoses : le contact avec les singes met les populations africaines en danger

  Les maladies animales qui infectent l’homme constituent une menace majeure pour la santé humaine au niveau mondial, et se...

Fermer