Animaux de compagnie : le Royaume-Uni enregistre un recul inquiétant de la vaccination

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Des millions de chiens, de chats et de lapins ne sont pas protégés des maladies outre-Manche, en raison d’une baisse significative des actes vaccinaux, selon le rapport 2017 du PDSA Animal Wellbeing (PAW). Face à ces résultats, la British Small Animal Veterinary Association (Bsava) estime que la tendance est préoccupante pour la santé et le bien-être des animaux de compagnie au Royaume-Uni. Les rapports annuels de PAW, élaborés conjointement avec YouGov, ont permis d’interroger plus de 63 000 propriétaires depuis 2011, fournissant des statistiques détaillées à l’appui de ce constat.

 

Le 7e rapport PAW* révèle une diminution significative du nombre de propriétaires britanniques qui font vacciner leurs jeunes animaux. Les derniers résultats montrent que seulement 75 % des chiots (7 millions) et 65 % des chatons (6,7 millions) ont bénéficié d’une primovaccination cette année. Ce sont les taux les plus bas enregistrés depuis sept ans, à comparer aux 82 % de chiens et 72 % de chats primovaccinés en 2011. En outre, seuls 66 % des propriétaires interrogés en 2017 ont protégé leur animal de compagnie (5,6 millions de chats, 7,3 millions de chiens, 500 000 lapins) via un rappel annuel de vaccination.

Si 92 % des chiens sont enregistrés auprès d’un vétérinaire, il est inquiétant de constater que 2,3 millions (25 % en 2017, versus 12 % en 2016) n’ont pas été vaccinés au cours de leur première année. Les chats sont également davantage exposés au risque de maladie, car 3,6 millions n’ont pas bénéficié d’une primovaccination (35 % en 2017, versus 18 % en 2016). Les lapins restent les plus négligés des animaux de compagnie, avec seulement 50 % de lapereaux primovaccinés (ils étaient 63 % en 2016) et 45 % d’adultes régulièrement immunisés.

Le nouveau président de la Bsava, John Chitty, se dit préoccupé par ces taux de vaccination chez les chiens, les chats et les lapins, très inférieurs aux niveaux requis pour assurer une immunité collective efficace au plan national. Ainsi, cela entrave le recul significatif des maladies ciblées par les vaccins, tandis que les animaux non vaccinés sont davantage exposés au risque d’infection et de contagion. En particulier, la chute du nombre de lapins vaccinés est inquiétante. Pourtant, les progrès récents réalisés en matière de vaccins contre la myxomatose font qu’il est désormais beaucoup plus facile et moins coûteux d’assurer la protection de ces animaux contre une maladie fréquente et mortelle. De même, l’émergence du variant du virus de la maladie hémorragique du lapin (RHVD-2), au cours des deux dernières années, ne semble pas avoir convaincu davantage de propriétaires de l’importance de protéger leurs animaux, en dépit des messages de sensibilisation relayés par la profession vétérinaire.

 

Plusieurs causes identifiées

Pour les propriétaires interrogés, le coût trop élevé du protocole vaccinal est cité comme l’une des raisons principales expliquant leur décision de ne pas faire vacciner leur animal. Ce motif de non-vaccination est avancé par 20 % des propriétaires de chiens et de chats et 10 % des propriétaires de lapins.

En plus du coût, le rapport révèle que, parmi les réfractaires à la vaccination, 14 % des propriétaires de chiens, 22 % des propriétaires de chats et 32 % des propriétaires de lapins pensent que ce n’est pas nécessaire, voire inutile. En outre, 24 % des propriétaires ayant fait l’impasse sur la vaccination estiment que leur animal n’est pas concerné quand il n’a pas de contacts avec d’autres animaux. Ces résultats montrent clairement les besoins en matière d’information du grand public pour mieux faire comprendre les enjeux de la vaccination.

Le dernier rapport de PAW souligne également que de nombreux maîtres continuent de sous-estimer les frais induits par la possession d’un animal de compagnie. Alors que le coût d’entretien global pour un chien peut atteindre jusqu’à 24 000 € selon sa taille et sa race, le rapport révèle que 98 % des propriétaires interrogés sous-évaluent largement les dépenses à prévoir tout au long de sa vie. Pour la Bsava, cela montre que la profession vétérinaire et les associations de protection animale doivent sensibiliser et responsabiliser davantage les futurs propriétaires, y compris sur les aspects financiers (soins préventifs et traitements vétérinaires), en amont de la décision d’achat. En effet, seulement 7 % des futurs acquéreurs se tournent vers un vétérinaire pour choisir l’animal de compagnie qui correspondra le mieux à leurs conditions ou à leur style de vie.

 

* L’enquête a été menée entre le 23 février et le 6 mars 2017 auprès de 4 153 propriétaires de chiens, de chats et de lapins, âgés de 18 ans et plus, domiciliés au Royaume-Uni. https://www.bsava.com/Portals/0/about/documents/PDSA%20PAW%20Report%202017_online.pdf?ver=2017-05-31-102023-257

 

> 51 % des foyers britanniques possèdent un animal de compagnie.

> 25 % des Britanniques possèdent un chien (9,3 millions de chiens au total) ou un chat (10,3 millions de chats).

> 2 % de la population britannique possède un lapin, ce qui représente environ 1,1 million de lapins.

 

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