Animaux à fourrure : la Norvège sur la voie d’une interdiction de l’élevage des visons et des renards

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La Norvège a décidé d’interdire progressivement l’élevage des animaux à fourrure d’ici à 2025. Une fois la mesure adoptée par le Parlement norvégien, un plan de démantèlement des quelque 300 fermes à fourrure qui exploitent des espèces sauvages sera engagé. Étalé sur sept ans, il prévoit notamment des compensations financières pour les éleveurs contraints de mettre un terme à leur activité et de se reconvertir. L’objectif final est l’abandon total de cette industrie cruelle et controversée dans le pays.

 

L’an passé, 773 000 visons et 140 000 renards ont été tués dans les fermes à fourrure en Norvège. Ce pays, qui fait partie des principaux producteurs en Europe, a pourtant décidé de suivre l’exemple du Royaume-Uni, de l’Autriche, de la Croatie, des Pays-Bas qui ont banni l’exploitation des animaux pour leur fourrure depuis plusieurs années, ou encore de l’Allemagne et de la République tchèque plus récemment. De plus en plus de pays réussissent ainsi à faire passer les préoccupations en matière de bien-être animal devant les intérêts de l’industrie de la fourrure. En Norvège, ce commerce génère un chiffre d’affaires annuel de 36 à 52 millions d’euros.

NOAH, la principale organisation de protection animale de Norvège, bataille depuis 28 ans pour obtenir la fermeture des fermes à fourrure. C’est donc une belle victoire pour l’association, dirigée par la vétérinaire Siri Martinsen. Seul bémol, la période de transition de sept ans, qui peut sembler bien longue.

Selon les dernières enquêtes d’opinion, près de 70 % des Norvégiens sont désormais opposés à l’élevage en cages des animaux à fourrure, une position partagée par la profession vétérinaire norvégienne, qui dénonce depuis longtemps les conditions de détention et d’élevage des espèces sauvages élevées pour leur fourrure. Visons et renards, entassés dans des cages grillagées exigües, ne peuvent exprimer leurs comportements naturels et développent des maladies et des stéréotypies dues au stress, avant d’être au mieux gazés, au pire dépecés vivants.

La Norvège peut maintenant servir à son tour d’exemple à d’autres pays européens, comme la Finlande qui est l’un des plus grands producteurs de fourrure de renard au monde. Gavés et obèses, les renards arctiques élevés dans les fermes industrielles finlandaises payent un lourd tribut au commerce de la fourrure.

Parallèlement aux interdictions d’élevage des espèces à fourrure, de plus en plus de grandes marques éliminent aujourd’hui la fourrure de leurs produits, encouragées par les nouvelles attentes des consommateurs en matière de mode, par la pression des associations de protection animale et par les préoccupations de la société en termes d’éthique et de bien-être animal.

 

 

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