Allergies infantiles : l’exposition aux animaux pendant la petite enfance réduit le risque

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Il est admis que l’exposition précoce aux animaux de compagnie contribue à protéger le nourrisson contre le développement ultérieur d’allergies. Des chercheurs suédois ont voulu savoir s’il existe une association dose-dépendante entre la mise en contact étroit de l’enfant avec des chats et des chiens au cours de sa première année et la survenue d’allergies. Ils montrent que la prévalence des allergies chez les enfants âgés de 7 à 9 ans est réduite en fonction du nombre d’animaux domestiques présents dans le foyer, suggérant un effet positif protecteur selon la “dose” d’animaux fréquentés.

 

Depuis une vingtaine d’années, il est communément admis que le fait de permettre aux très jeunes enfants d’entrer en contact direct avec différents allergènes (pollens, animaux, microbes, etc.) aide leur système immunitaire à se renforcer, leur offrant ainsi une protection accrue au cours de leur vie. Les animaux de compagnie ne sont désormais plus considérés comme un facteur de risque d’allergie dans les familles avec des nourrissons par ailleurs en bonne santé. L’existence d’un effet protecteur contre les allergies est même cliniquement démontrée, voire corroborée par des données immunologiques. Dans cette nouvelle étude publiée dans PLOS One, des chercheurs de l’université de Göteborg ont cherché à en savoir plus sur les bénéfices potentiels de l’exposition étroite aux animaux domestiques durant la première année de vie.

L’équipe a recueilli des données portant sur le suivi de la santé de tous les enfants âgés de 7 à 8 ans dans deux villes de Suède et sur la présence d’animaux au sein du foyer. 1 838 questionnaires sur l’asthme, l’eczéma et la rhino-conjonctivite allergique ont ainsi été distribués aux familles concernées, dont 1 029 ont été retournés (soit un taux de réponse de 56 %). Dans ce panel, les chercheurs ont constaté que l’incidence des allergies atteint 49 % chez les enfants non exposés à des animaux domestiques. Un pourcentage qui passe à 43 % pour les enfants avec un seul animal à la maison, à 24 % pour ceux vivant avec trois animaux de compagnie, et qui chute à 0 % au-delà de cinq animaux.

Une deuxième collecte d’informations a concerné 249 nourrissons dès la naissance, dont 28 vivant dans une ferme et 37 en zone rurale. Les parents ont été interrogés lorsque leurs enfants étaient âgés de 6 à 12 mois, et des allergologues pédiatriques ont procédé à des tests cliniques à l’âge de 18 mois puis entre 3 et 8-9 ans. L’analyse de ces données montre que le taux d’allergie chez les enfants qui grandissent sans animal est de 48 %, alors qu’il est de 35 % pour les enfants avec un seul animal et chute à 21 % pour les enfants vivant avec plusieurs animaux.

Ainsi, l’équipe suédoise a observé une association dose-dépendante de la sensibilisation aux animaux (ainsi qu’aux pollens) en lien avec l’augmentation du nombre d’animaux dans le foyer : lorsque les enfants de zéro à un an vivent en compagnie de plusieurs animaux de compagnie, ils développent moins d’allergies et autres maladies plus tard. La fréquence des maladies allergiques diminue avec le nombre croissant de chats et de chiens présents à la maison, tandis que l’effet protecteur s’accroît.

Les chercheurs suggèrent aussi que l’effet de protection induit par les animaux domestiques n’est pas le seul moyen de réduire le risque d’allergie. Un chien ou un chat peut ainsi avoir un effet protecteur chez les enfants qui possèdent peu d’autres facteurs de protection, à condition qu’il soit en contact étroit et direct avec l’animal pendant sa première année. Si l’enfant bénéficie déjà de plusieurs autres facteurs de stimulation immunitaire par exposition microbienne, un chien ou un chat peut ne pas ajouter de protection supplémentaire, à moins qu’il ne soit exposé à plusieurs animaux (effet “miniferme”, non spécifique d’une espèce).

 

 

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